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Vertuchou.over-blog.com

Défense du poète

6 Juillet 2011, 05:08am

Publié par vertuchou

Ecrire son poème, est-ce une trahison,
comme devant la mise à mort d'un innocent
on détourne les yeux ? Aligner quelques mots
qui lâchent le réel pour un gramme d'azur,
est-ce dresser un paravent contre le monde
affolé dans son bain, parmi l'écume noire ?
Traiter sa fable favorite en libellule
par-dessus la rivière, est-ce oublier le pain
qui manque à l'homme ? Remplacer le vrai printemps
par un printemps verbal aux toucans invisibles
qui sont peut-être un peu de feu, est-ce insulter
notre nature ? Aimer une voyelle blanche
comme on aime sa fille, est-ce être dédaigneux
de notre amour universel, qui nous saccage ?

 

Alain Bosquet

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Fragments

5 Juillet 2011, 00:00am

Publié par vertuchou

L'encre à peine séchée
tes écrits translucides
percent mon cœur,
dans la tempête des sentiments
ma raison chavire
comme le bateau ivre
en quête d'un havre paisible

 

Fragment d'étoile
tu joues avec la lune, ta sœur
éclairant d'une couleur mordorée
les couples incestueux
de l'eau et du feu

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Silhouettes

4 Juillet 2011, 05:29am

Publié par vertuchou

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Lamentation

3 Juillet 2011, 04:42am

Publié par vertuchou

Plein sommeil et mort,

les aigles tristes bruissent autour de cette tête

toute la nuit durant

L'image dorée de l'homme

Que la vague glaçante de l'éternité l'engloutisse.

Sur de lugubres récifs s'écrase le corps pourpre

et se plaint la voix sombre sur la mer.

Sœur d'une mélancolie furieuse

Vois une barque lourde de peur coule sous les étoiles,

Sous la face close de silence de la nuit.


 

Georg Trakl

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Ragas in minor scale

2 Juillet 2011, 04:36am

Publié par vertuchou

 


 

Ravi Shankar et Philip Glass


Ragas In Minor Scale


extrait du disque "Passages"

1990

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Quand tu me tenais par la main

1 Juillet 2011, 05:06am

Publié par vertuchou

Quand tu me tenais par la main
La mer débordait en moi
Quand tu me tenais par la main, mon cœur
S'accrochant aux algues vertes,
Voulait suivre les courants de fond des jours entiers.

Des jours entiers, je me demandais quelle était la source de cette
flamme secrète qui embrasait tes pupilles. Des nuits entières,
je cherchais mon chemin sur les collines ardues et infranchissables. Et puis
les lumières s'éteignaient, et puis les étoiles tombaient dans les lacs
frais qui sont en moi. Quand tu me tenais par la main, était-ce moi ou un
autre qui marchait avec toi sans mettre le pied sur les vagues et le vent?

Quand tu me tenais par la main
Une couleur bleue tombait sur mes yeux
Puis, toutes les mers  se retiraient
Une forêt était agitée par les rumeurs
Une bande de pigeons s'envolait de mon cœur glacé
Quand tu me tenais par la main
Les feuilles rousses d'un platane tombaient
Sur les dalles blanches de la cour
Et moi j'aurais voulu mourir en m'enfonçant dans ces feuilles

Nous étions comme des maisons anciennes aux volets restés ouverts
Et fouettés par le vent, vagabonds et timides
Quand tu me tenais par la main
Une fleur perçait à travers les rochers

Quand tu me tenais par la main
L'envie me prenait de voyager
En m'accrochant des jours entiers aux nuages gris...

 

Tugrul TANYOL

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Comme s’il en pleuvait

30 Juin 2011, 05:34am

Publié par vertuchou

Mots doux et billets de rigueur
Intrigues enflammées
Comme s’il en pleuvait


Devant ma porte
Prétendants et jeunes premiers
Comme s’il en pleuvait


Nuées de diamants
Poèmes posés sur mon chevet
Comme s’il en pleuvait


Des présents chaque jour
Comme s’il en pleuvait
De l’amour
Comme s’il en pleuvait


À toi qui me vois, mignonne,
Mains tendues, genoux fangeux
Ne prends pas garde à ma mise
Et sur l’heure jouons franc-jeu
Jadis ici j’étais reine
Et les yeux de ces messieurs
Sur mon aimable personne
Se perdaient cela t’étonne ?

 

Roses trémières et jolis coeurs
Les soirs de première
Comme s’il en pleuvait
Nuées de diamants
Poèmes posés sur mon chevet
Comme s’il en pleuvait


Des soupirants et des atours
À en décéder si tu savais
Comme s’il en pleuvait


Des présents chaque jour
Comme s’il en pleuvait
De l’amour
Comme s’il en pleuvait


Le désir, l’ivresse, la lune
Mignonne tout m’était dû
Par un revers de fortune
Voilà que j’ai tout perdu
De mémoire d’Homme ou d’Apôtre
Qui saurait dire à présent
Que naguère comme nulle autre
Je fascinais le tout venant ?
Mots doux et billets de rigueur

 

Paroles & Musique : Tété

 

 

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Madrigal triste

29 Juin 2011, 03:40am

Publié par vertuchou

 Que m'importe que tu sois sage ?

Sois belle ! et sois triste ! Les pleurs

Ajoutent un charme au visage,

Comme le fleuve au paysage ;

L'orage rajeunit les fleurs.

Je t'aime surtout quand la joie

S'enfuit de ton front terrassé;

Quand ton coeur dans l'horreur se noie;

Quand sur ton présent se déploie

Le nuage affreux du passé.

Je t'aime quand ton grand oeil verse

Une eau chaude comme le sang ;

Quand, malgré ma main qui te berce,

Ton angoisse, trop lourde, perce

Comme un râle d'agonisant.

J'aspire, volupté divine! Hymne profond, délicieux !

Tous les sanglots de ta poitrine,

Et crois que ton coeur s'illumine

Des perles que versent tes yeux !

 

Baudelaire

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Jeune homme avec une coiffe rouge

28 Juin 2011, 06:11am

Publié par vertuchou

dacarpi_girolamo-2-.jpg

 

Girolamo Sellari, dit  Girolamo da Carpi 

1501–1556
Jeune homme avec une coiffe rouge

huile sur toile

50.8 x 45.1 cm

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Nuance matinale

27 Juin 2011, 05:57am

Publié par vertuchou

Train de banlieue
Visages couverts de nuages sphériques
bulles de grisaille amphigouriques
Les regards sont concentrés
Lectures
Personne ne semble remarquer ma présence
dans cette réalité excisée

L’explosion pourrait se produire à tout moment

Où regarder pour honorer le paysage
Où respirer pour ne pas s’empoisonner
Où descendre pour ne pas oublier d’exister

Je ne descends pas au centre
Je reviens

Où tout est un, sublime, vivifié
Où j’appartiens
Où la foule n’est jamais solitaire
Où l’évidence fleurit le destin
Eveillée par un rayon de soleil
Ce matin, les matins, toujours

 

Sybille REMBARD

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