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A contre-silence

6 Novembre 2013, 04:42am

Publié par vertuchou

Ne te retourne pas
Le souvenir est devant toi

Car ce printemps est advenu
Comme d'une étoile écorchée

Dans la grande allée du royaume
À jamais perdu retrouvé

Douceur des larmes dans la chair
Enfance aiguë

Hélène Cadou,

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La poésie, c’est rendre le monde

5 Novembre 2013, 05:20am

Publié par vertuchou

La poésie, c’est rendre le monde au visage de sa présence.

Yves Bonnefoy,

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To make a prairie

4 Novembre 2013, 04:49am

Publié par vertuchou

To make a prairie it takes a clover and a bee-
One clover, and a bee,
And revery,
The revery alone will do
If bees are few.

Il faut pour faire une prairie
Un trèfle et une abeille -
Un seul trèfle, une abeille
Et quelque rêverie.
La rêverie suffit
Si vous êtes à court d'abeilles.

Emily Dickinson

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Automne en Bavière

3 Novembre 2013, 04:48am

Publié par vertuchou

Wassily Kandinsky  "Automne en Bavière", 1908, huile sur carton, 33 x 45cm

Wassily Kandinsky "Automne en Bavière", 1908, huile sur carton, 33 x 45cm

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Un jour d'automne

2 Novembre 2013, 04:43am

Publié par vertuchou

Seigneur, c'est l'heure.
L'été fut très grand.
Étends ton ombre sur le cadran solaire,
et libère les vents sur les plaines.

Ordonne aux derniers fruits la plénitude,
Accorde leur encore deux jours méridionaux,
Pousse-les à l'accomplissement et instille
la dernière douceur dans le vin capiteux.

Qui maintenant n'a pas de maison, ne s'en bâtira plus
Qui maintenant est seul, le restera longtemps,
Veillera, lira, écrira de longues lettres,
Ira de ci, de là dans les allées
Se promener, inquiet, quand tomberont les feuilles.

R.M.Rilke

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Les années ont été pour nous

1 Novembre 2013, 05:10am

Publié par vertuchou

Lou
Lou, ne me vois-tu pas ?
Lou, le destin d’être ensemble à jamais
dans quoi tu avais tellement foi
Tu ne vas pas être comme les autres
qui jamais plus ne font signe,
englouties dans le silence.
Non, il ne doit pas te suffire à toi
d’une mort pour t’enlever ton amour.
Dans la pompe horrible qui t’espace
jusqu’à je ne sais quelle millième dilution
tu cherches encore, tu nous cherches place

Les années ont été pour nous, pas contre nous.
Nos ombres ont respiré ensemble.
Sous nous les eaux du fleuve des événements coulaient presque avec silence.
Nos ombres respiraient ensemble et tout en était recouvert.
J’ai eu froid à ton froid. J’ai bu des gorgées de ta peine.
Nous nous perdions dans le lac de nos échanges.
Riche d’un amour immérité, riche qui s’ignorait
avec l’inconscience des possédants,
j’ai perdu d’être aimé.
Ma fortune a fondu en un jour.

Henri Michaux

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Un concert pour Mazarin

31 Octobre 2013, 04:54am

Publié par vertuchou

Philippe Jaroussky Un Concert pour Mazarin, /Ensemble La Fenice, dircetion Jean Tubery

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Dès lors je sais l'ardeur qui scelle sa vie à ma vie

30 Octobre 2013, 05:16am

Publié par vertuchou

Il est parti me regardant
Et mettant
Sa main sur mon front
Mais je savais déjà quels pensers si profonds
Unissaient sa vie
A ma vie.

Il est parti me regardant
Et portant
Ses doigts à ses yeux
Mais je savais déjà quels regards très bien
Unissaient sa vie
A ma vie.

Il est parti me regardant
Et posant
Ses doigts sur mes lèvres
Mais je savais déjà quelles longues fièvres
Unissaient sa vie
A ma vie.

Il est parti en me regardant
Et plaçant
Sa main sur son cœur
Puis il a clos les yeux... Dès lors, je sais l'ardeur
Qui scelle sa vie
A ma vie

Ernest Ganay

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Ce n'est pas d'amour que je me meurs / No es que muera de amor...

29 Octobre 2013, 04:30am

Publié par vertuchou

Ce n'est pas d'amour que je me meurs, je me meurs de toi.
Je meurs de toi, mon amour, de l'amour pour toi,
de l'urgence de ma peau pour ta peau,
de mon âme pour toi et de ma bouche
et de mon sale caractère quand tu n'y es pas.
Je meurs de toi et de moi, je meurs de nous deux,
de nous, de celui
qui est déchiré, morcelé,
je me meurs, je te meurs, nous en mourons.

Nous mourons dans ma chambre où je suis seul,
dans mon lit où tu n'es pas,
dans mon lit où mon bras est vide,
au cinéma et dans les parcs, dans les trams,
dans les lieux où mon épaule a les habitudes de ta tête
et ma main la tienne
et je te sais comme moi-même.

Nous mourons là où j'ai permis qu'il y ait de l'air
pour que tu sois hors de moi,
et là où l'air s'achève
quand je te revêts de ma peau
et nous nous connaissons en nous-mêmes, sépares du monde
heureuse, pénétrée, et bien sûr, interminable.

Nous mourons, nous le savons, les autres l'ignorent, mais nous nous mourons
tous les deux, maintenant, séparés,
l'un de l'autre, chaque jour,
à tomber dans des statues multiples,
dans des gestes que nous ne voyons pas,
dans nos mains qui ont besoin de nous.

Nous nous mourons, mon amour, je meurs dans ton ventre
que je ne mords ni n'embrasse,
entre tes cuisses si douces et vives,
dans ta chair sans fin, je meurs des masques,
des triangles obscurs et incessants.
Je me meurs de mon corps et de ton corps,
de notre mort, mon amour, je meurs, nous mourons.
Dans le puits de l'amour à toute heure,
inconsolable, en criant,
à l'intérieur de moi-même, je veux le dire, je t'appelle,
ceux qui naissent t'appellent, ceux qui viennent
d'avant nous, de toi, ceux qui viennent vers toi.
Nous nous mourons, mon amour, et nous ne faisons rien d'autre
que nous mourir encore plus, heure après heure,
et nous écrire et nous parler et nous mourir.

Jaime Sabines

No es que muera de amor, muero de ti.
Muero de ti, amor, de amor de ti,
de urgencia mía de mi piel de ti,
de mi alma, de ti y de mi boca
y del insoportable que yo soy sin ti.

Muero de ti y de mi, muero de ambos,
de nosotros, de ese,
desgarrado, partido,
me muero, te muero, lo morimos.

Morimos en mi cuarto en que estoy solo,
en mi cama en que faltas,
en la calle donde mi brazo va vacío,
en el cine y los parques, los tranvías,
los lugares donde mi hombro
acostumbra tu cabeza
y mi mano tu mano
y todo yo te sé como yo mismo.

Morimos en el sitio que le he prestado al aire
para que estés fuera de mí,
y en el lugar en que el aire se acaba
cuando te echo mi piel encima
y nos conocemos en nosotros,
separados del mundo, dichosa, penetrada,
y cierto , interminable.

Morimos, lo sabemos, lo ignoran, nos morimos
entre los dos, ahora, separados,
del uno al otro, diariamente,
cayéndonos en múltiples estatuas,
en gestos que no vemos,
en nuestras manos que nos necesitan.

Nos morimos, amor, muero en tu vientre
que no muerdo ni beso,
en tus muslos dulcísimos y vivos,
en tu carne sin fin, muero de máscaras,
de triángulos oscuros e incesantes.
Muero de mi cuerpo y de tu cuerpo,
de nuestra muerte ,amor, muero, morimos.
En el pozo de amor a todas horas,
inconsolable, a gritos,
dentro de mi, quiero decir, te llamo,
te llaman los que nacen, los que vienen
de atrás, de ti, los que a ti llegan.
Nos morimos, amor, y nada hacemos
sino morirnos más, hora tras hora,
y escribirnos y hablarnos y morirnos.

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me llaman poesía / on m’appelle poésie

28 Octobre 2013, 05:21am

Publié par vertuchou

No tengo letra ni música, soy el veloz viento que nadie ve pasar, me llaman poesía.

Je n’ai ni paroles ni musique, je suis le vent véloce que personne ne voit passer, on m’appelle poésie.

Miguel Oscar Menassa

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