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Coups de cœur
Un sang d’encre
J’aime les encres
Encre furtives
Des ciels changeants
Encre fautives
Des jours indigents
Encres de brume
Ou de clarté
Encres d’amertume
Aux cris des cités
Ah pourvu mon ami
Qu’à la pointe de la plume
Sourde une perle de rosée
Avant d’être goutte de sang
Vous mes encres providentielles
Rayons de toutes couleurs
Ouvrez-moi la chanson
La chanson grise la chanson rose
Encre d’écolier encre rouge et noire
S’il est encore un espoir
Je le cueillerai
Tout au fond de l’encrier
Claude Haller
Someday my prince will come
"Someday my prince will come" Frank Churchill (musique), et Larry Morey (paroles) 1937
Il faut que je trouve les mots
Il faut que je trouve les mots
et les moments
tous les mots mentent
mais ceux qui sont écrits restent
mais ceux qui sont écrits restent
Il faut que je trouve les mots
les mots me prennent par la main
comme si tu prenais la mienne
comme si je prenais la tienne
Il faut que je trouve les mots
au fil des soirs au fond des chopes
où se bâtit le rêve au fil des rues
où je m'égare oui je m'égare
Il faut que je trouve les mots
au fil de mon espérance
au fil de tes yeux ma vie au fil des silences
le secret des mots
où se cache le monde
où se cache ton monde
Il faut que je trouve les mots
tous ceux que tu me donneras peut-être
tous ceux que l'on a lus
tous ceux qu'on a perdu
Il faut que je trouve les mots
précieux comme le jour
précieux comme le rire
précieux comme le rêve
précieux comme l'amour
précieux comme l'amour
Il faut que je trouve les mots
à ne plus savoir comment les écrire
à ne plus savoir que les chanter
comme un poème
pour toi
Rémi Arnaud
Le Temps
Ode
I
Le Temps ne surprend pas le sage ;
Mais du Temps le sage se rit,
Car lui seul en connaît l'usage ;
Des plaisirs que Dieu nous offrit,
Il sait embellir l'existence ;
Il sait sourire à l'espérance,
Quand l'espérance lui sourit.
II
Le bonheur n'est pas dans la gloire,
Dans les fers dorés d'une cour,
Dans les transports de la victoire,
Mais dans la lyre et dans l'amour.
Choisissons une jeune amante,
Un luth qui lui plaise et l'enchante ;
Aimons et chantons tour à tour !
III
" Illusions ! vaines images ! "
Nous dirons les tristes leçons
De ces mortels prétendus sages
Sur qui l'âge étend ses glaçons ; "
" Le bonheur n'est point sur la terre,
Votre amour n'est qu'une chimère,
Votre lyre n'a que des sons ! "
IV
Ah ! préférons cette chimère
A leur froide moralité ;
Fuyons leur voix triste et sévère ;
Si le mal est réalité,
Et si le bonheur est un songe,
Fixons les yeux sur le mensonge,
Pour ne pas voir la vérité.
V
Aimons au printemps de la vie,
Afin que d'un noir repentir
L'automne ne soit point suivie ;
Ne cherchons pas dans l'avenir
Le bonheur que Dieu nous dispense ;
Quand nous n'aurons plus l'espérance,
Nous garderons le souvenir.
VI
Jouissons de ce temps rapide
Qui laisse après lui des remords,
Si l'amour, dont l'ardeur nous guide,
N'a d'aussi rapides transports :
Profitons de l'adolescence,
Car la coupe de l'existence
Ne pétille que sur ses bords !
Gérard de Nerval
L’Enlèvement d’Europe
Insouciance
Moi je préfère vivre dans l’insouciance
D’un jour qui finit d’un autre qui commence
C’est terrible de penser que tout est joué d’avance
Que tout est écrit, qu’on ne peut rien y changer
Se dire que vivre c’est avant tout exister
La matière inerte est vivante
Sentir son corps en mouvement
Moi je veux vivre dans l’insouciance
D’un jour qui finit d’un autre qui commence
Ouvrir les yeux avant que la Terre
Se dérobe, avant que tout ne soit plus
Ouvrir les ailes qui portent le poids
De nos vies attachantes
Se dire qu’une nuit qui s’achève et une aube qui naît
Moi je préfère vivre dans l’insouciance
D’un jour qui finit et d’un autre qui commence
De mon univers hybride, distribuer les parcelles
Souvenir d’une vie en dentelle
Les heures claquent leurs secondes insipides
L’horloge vide sa clepsydre
On meurt un peu chaque jour mais on renaît
Tout s’étend dans l’infini
Thierry Coulon
Je vous aime pour votre candeur
Je vous aime pour votre candeur, pour votre ignorance de toutes les choses que je sais, pour cette grande jeunesse morale dont vous êtes si impatiente de vous dépouiller, imprudente que vous êtes !
– Leila; George Sand
L'extase d'un baiser
Au point que j'expirais, tu m'as rendu le jour
Baiser, dont jusqu'au coeur le sentiment me touche,
Enfant délicieux de la plus belle bouche
Qui jamais prononça les Oracles d'Amour.
Mais tout mon sang s'altère, une brûlante fièvre
Me ravit la couleur et m'ôte la raison ;
Cieux ! j'ai pris à la fois sur cette belle lèvre
D'un céleste Nectar et d'un mortel poison.
Ah ! mon Ame s'envole en ce transport de joie !
Ce gage de salut, dans la tombe m'envoie ;
C'est fait ! je n'en puis plus, Élise je me meurs.
Ce baiser est un sceau par qui ma vie est close :
Et comme on peut trouver un serpent sous des fleurs,
J'ai rencontré ma mort sur un bouton de rose.
François Tristan L'HERMITE
Arietta
Beethoven : "Sonate pour piano n°32 en ut mineur opus 111", second mouvement : Arietta, Adagio molto, semplice e cantabile
