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Vertuchou.over-blog.com

Baiser

19 Juin 2024, 01:18am

Publié par vertuchou

Baiser au front — c'est effacer l'ennui.
Je baise au front.
Baiser les yeux — c'est tuer l'insomnie.
Je baise les yeux.
Baiser les lèvres — c'est donner à boire.
Je baise les lèvres.
Baiser au front — c'est effacer la mémoire.
Je baise au front.

Marina Tsetaïeva

(5 juin 1917)

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La poésie est une plante

18 Juin 2024, 00:40am

Publié par vertuchou

La poésie est une plante libre, elle croît là où on ne sème pas.

Gustave Flaubert

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Je te cherche sur des cartes

17 Juin 2024, 01:46am

Publié par vertuchou

Je te cherche sur des cartes,
franchissant lentement les frontières,
au hasard des saisons et des montagnes,
déchiffrant le bleu de la mer et des rivières,
poursuivant lentement
un nom qui te parle et me nourrit,
un reste de lumière transformé en mots,
ville, village, accident, peut-être terre.
Renverser la géographie,
Je te cherche, parmi les dessins
et des signes peints, lentement,
sans trêve, ni remède,
lentement dans les atlas,
sans foi, ni espoir.

Josefa Parra

 

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Yaläkta

16 Juin 2024, 00:44am

Publié par vertuchou

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Drão

16 Juin 2024, 00:09am

Publié par vertuchou

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De temps en temps

15 Juin 2024, 01:07am

Publié par vertuchou

De temps en temps
les nuages nous reposent
de tant regarder la lune.

Bashô

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Je veux sentir encore

14 Juin 2024, 01:45am

Publié par vertuchou

Je veux sentir encore le martèlement violent au fond de moi, sentir le sang brûlant courir plus vite dans les veines, sentir le rythme lent, caressant, et puis soudain les coups violents, sentir l'excitation pendant les arrêts, quand j'entends des bruits de gouttes d'eau...

Et te sentir palpiter dans ma bouche.

Oh toi... je ne supporte pas de t'écrire.

Je te veux, comme une folle.

Je veux écarter en grand les jambes, je fonds, je tremble...

Je veux faire des choses tellement folles avec toi que je ne trouve pas les mots pour en parler.

Lettre d'Anaïs Nin à Henry Miller

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Je t'aimerai sans toi

13 Juin 2024, 00:01am

Publié par vertuchou

Je t'aimerai sans toi. Ne me fais jamais signe.

Un ajonc peut flamber sur la lande, à midi,

solitaire en son mal et seulement nourri

d'argile avaricieuse au bout de sa racine.

 

Enterre au fond de toi mon nom ensommeillé.

Reste plus ténébreux qu'un buis de cimetière.

Je t'ai volé jadis les neiges de janvier

et j'ai coupé sur toi mes plus hautes javelles.

 

Va, ressemble à un mort. Debout dans mon désert

je sens bouger en moi des foisons de semences.

L'amour qui te cherchait dans sa famine immense

t'a dépassé enfin et brûle l'univers.

 Anne-Marie Kegels.

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Variations Goldberg, n°9

12 Juin 2024, 01:26am

Publié par vertuchou

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Elégie

11 Juin 2024, 00:42am

Publié par vertuchou

ÉLÉGIE

 

J’étais à toi peut-être avant de t’avoir vu.
Ma vie, en se formant, fut promise à la tienne ;
Ton nom m’en avertit par un trouble imprévu,
Ton âme s’y cachait pour éveiller la mienne.
Je l’entendis un jour, et je perdis la voix ;
Je l’écoutai longtemps, j’oubliai de répondre.
Mon être avec le tien venait de se confondre,
Je crus qu’on m’appelait pour la première fois.


Savais-tu ce prodige ? Eh bien, sans te connaître,
J’ai deviné par lui mon amant et mon maître,
Et je le reconnus dans tes premiers accents,
Quand tu vins éclairer mes beaux jours languissants.
Ta voix me fit pâlir, et mes yeux se baissèrent ;
Dans un regard muet nos âmes s’embrassèrent ;
Au fond de ce regard ton nom se révéla,
Et sans le demander j’avais dit : « Le voilà ! »

Dès lors il ressaisit mon oreille étonnée ;
Elle y devint soumise, elle y fut enchaînée.
J’exprimais par lui seul mes plus doux sentiments ;
Je l’unissais au mien pour signer mes serments.
Je le lisais partout, ce nom rempli de charmes,
Et je versais des larmes :
D’un éloge enchanteur toujours environné,
À mes yeux éblouis il s’offrait couronné.
Je l’écrivais… bientôt je n’osai plus l’écrire,
Et mon timide amour le changeait en sourire.
Il me cherchait la nuit, il berçait mon sommeil ;
Il résonnait encore autour de mon réveil ;
Il errait dans mon souffle, et, lorsque je soupire,
C’est lui qui me caresse et que mon cœur respire.

Nom chéri ! nom charmant ! oracle de mon sort !
Hélas ! que tu me plais, que ta grâce me touche !
Tu m’annonças la vie, et, mêlé dans la mort,
Comme un dernier baiser tu fermeras ma bouche !

Marceline Desbordes-Valmore

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