Il y a un monde
Il y a un monde à la taille de l’homme et de sa violence
Où tous les mots de l’homme entre la vie et la mort ont choisi
Je réclame dans ce monde là la place de la poésie
Louis Aragon
Coups de cœur
Il y a un monde à la taille de l’homme et de sa violence
Où tous les mots de l’homme entre la vie et la mort ont choisi
Je réclame dans ce monde là la place de la poésie
Louis Aragon
On tremble, de joie et de mystère
à l’intérieur du potager, on fourre les mains dans la terre
agenouillés on adore, sans le savoir,
et l’eau est substance qui réveille
grandit et restaure. Tellement de lumière dans le potager -
tellement de nuit. Chaque étoile de cet hémisphère
passe sur le potager.
Mariana Gualtieri
Non ! je ne verrai plus de si belle vallée,
Que celle où sur tes pas je descendis un jour ;
Où l'eau, parmi les fleurs lentement écoulée,
Trouve une eau qui la cherche et s'y joint sans retour.
J'étais bien ! tout parlait à mon âme ravie.
Ah ! les derniers rayons du jour et de la vie
Répandront sur mes yeux leur mourante langueur1,
Avant que ce tableau s'efface de mon cœur.
Et, pourtant, ce n'est pas cette belle verdure,
Ces ruisseaux murmurants sous les jeunes roseaux,
Ni cette ombre des bois, cette ombre où la nature
Mêlait son harmonie au doux chant des oiseaux ;
Non, ce n'est pas du ciel la lumière enchantée,
Ni l'onde éblouissante, où ma vue arrêtée
Ne pouvait soutenir l'éclat d'un sable d'or,
Qui fait en y rêvant que je tressaille encor :
C'était toi, mon amour, mon avenir, mon âme !
C'était toi, qui m'aimais ; toi, qui semblais heureux !
C'était ton regard pur qui répandait sa flamme
Sur notre plus beau jour réfléchi dans tes yeux.
Le veux‑tu ? retournons sous ces paisibles ombres,
Loin d'un monde orageux, loin de nos cités sombres ;
Viens ! cachés dans les fleurs, nos destins, nos amours,
Comme les deux ruisseaux se confondront toujours !
Marceline Desbordes-Valmore
J’aime les regards qu’il pose sur moi comme si c’était la première fois. J’aime ses mains, lorsqu’elles partent à la découverte d’un corps qu’il connaît pourtant par cœur. J’aime ses lèvres, pleines et douces, qui prennent possession des miennes, comme si c’était un besoin vital, une obsession. Jusqu’à la déraison. Faire l’amour avec lui, c’est oublier qui je suis. User ma peau contre la sienne. Fusionner les deux moitiés d’un tout.
Karyn Adler, Unfaithful
La poésie n'est donc pas un luxe ou un amusement, mais une nécessité, au même titre que l'amour. Tous les besoins, même les plus urgents, sont subordonnés à ces deux qui sont en fin de compte les deux aspects d’une même énergie primordiale qui donne à la vie son véritable sens. Se passer de poésie équivaudrait à renoncer à la vie.
Aldo Pellegrini