Vertuchou.over-blog.com
Coups de cœur
Drão
De temps en temps
De temps en temps
les nuages nous reposent
de tant regarder la lune.
Bashô
Je veux sentir encore
Je veux sentir encore le martèlement violent au fond de moi, sentir le sang brûlant courir plus vite dans les veines, sentir le rythme lent, caressant, et puis soudain les coups violents, sentir l'excitation pendant les arrêts, quand j'entends des bruits de gouttes d'eau...
Et te sentir palpiter dans ma bouche.
Oh toi... je ne supporte pas de t'écrire.
Je te veux, comme une folle.
Je veux écarter en grand les jambes, je fonds, je tremble...
Je veux faire des choses tellement folles avec toi que je ne trouve pas les mots pour en parler.
Lettre d'Anaïs Nin à Henry Miller
Je t'aimerai sans toi
Je t'aimerai sans toi. Ne me fais jamais signe.
Un ajonc peut flamber sur la lande, à midi,
solitaire en son mal et seulement nourri
d'argile avaricieuse au bout de sa racine.
Enterre au fond de toi mon nom ensommeillé.
Reste plus ténébreux qu'un buis de cimetière.
Je t'ai volé jadis les neiges de janvier
et j'ai coupé sur toi mes plus hautes javelles.
Va, ressemble à un mort. Debout dans mon désert
je sens bouger en moi des foisons de semences.
L'amour qui te cherchait dans sa famine immense
t'a dépassé enfin et brûle l'univers.
Anne-Marie Kegels.
Variations Goldberg, n°9
Elégie
J’étais à toi peut-être avant de t’avoir vu.
Ma vie, en se formant, fut promise à la tienne ;
Ton nom m’en avertit par un trouble imprévu,
Ton âme s’y cachait pour éveiller la mienne.
Je l’entendis un jour, et je perdis la voix ;
Je l’écoutai longtemps, j’oubliai de répondre.
Mon être avec le tien venait de se confondre,
Je crus qu’on m’appelait pour la première fois.
Savais-tu ce prodige ? Eh bien, sans te connaître,
J’ai deviné par lui mon amant et mon maître,
Et je le reconnus dans tes premiers accents,
Quand tu vins éclairer mes beaux jours languissants.
Ta voix me fit pâlir, et mes yeux se baissèrent ;
Dans un regard muet nos âmes s’embrassèrent ;
Au fond de ce regard ton nom se révéla,
Et sans le demander j’avais dit : « Le voilà ! »
Dès lors il ressaisit mon oreille étonnée ;
Elle y devint soumise, elle y fut enchaînée.
J’exprimais par lui seul mes plus doux sentiments ;
Je l’unissais au mien pour signer mes serments.
Je le lisais partout, ce nom rempli de charmes,
Et je versais des larmes :
D’un éloge enchanteur toujours environné,
À mes yeux éblouis il s’offrait couronné.
Je l’écrivais… bientôt je n’osai plus l’écrire,
Et mon timide amour le changeait en sourire.
Il me cherchait la nuit, il berçait mon sommeil ;
Il résonnait encore autour de mon réveil ;
Il errait dans mon souffle, et, lorsque je soupire,
C’est lui qui me caresse et que mon cœur respire.
Nom chéri ! nom charmant ! oracle de mon sort !
Hélas ! que tu me plais, que ta grâce me touche !
Tu m’annonças la vie, et, mêlé dans la mort,
Comme un dernier baiser tu fermeras ma bouche !
Marceline Desbordes-Valmore
On ne peut pas se tromper
On ne peut pas se tromper quand on écrit un poème minute.
Tout juste peut-on décevoir la concordance des temps, la grammaire et l'orthographe.
Arthur Teboul
Le Rouge et le Noir
On s’embrasse sur la bouche et sur les lèvres,
on s’enlace dans la nuit et sous les toits,
tétins couleur de vieux soleil,
toison couleur de jeune soir,
voguez ensemble jusqu’au matin
le rouge avec le noir
Cécile Coulon
/image%2F0674225%2F20240529%2Fob_8de59a_deborah-turbeville-from-the-series-ra.jpg)