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Coups de cœur
Se voir le plus possible…
Se voir le plus possible et s’aimer seulement,
Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu’un désir nous trompe, ou qu’un remords nous ronge,
Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;
Respecter sa pensée aussi loin qu’on y plonge,
Faire de son amour un jour au lieu d’un songe,
Et dans cette clarté respirer librement –
Ainsi respirait Laure et chantait son amant.
Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,
C'est vous, la tête en fleurs, qu’on croirait sans souci,
C’est vous qui me disiez qu’il faut aimer ainsi.
Et c’est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,
Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :
Oui, l’on vit autrement, mais c’est ainsi qu’on aime.
Alfred de Musset
Vous êtes la première femme
Vous êtes la première femme que j’aime et je suis peut-être le premier homme qui vous aime à ce point. Si ce n’est pas là une sorte d’hymen que le ciel bénisse, le mot amour n’est qu’un vain mot !
Lettre de John Keats à Fanny Brawne, mercredi 13 octobre 1819.
Les lilas
Je rêve et je me réveille
Dans une odeur de lilas
De quel côté du sommeil
T'ai-je ici laissé ou là
Je dormais dans ta mémoire
Et tu m'oubliais tout bas
Ou c'était l'inverse histoire
Etais-je où tu n'étais pas
Je me rendors pour t'atteindre
Au pays que tu songeas
Rien n'y fait que fuir et feindre
Toi tu l'as quitté déjà
Dans la vie ou dans le songe
Tout a cet étrange éclat
Du parfum qui se prolonge
Et d'un chant qui s'envola
O claire nuit jour obscur
Mon absente entre mes bras
Et rien d'autre en moi ne dure
Que ce que tu murmuras
Louis Aragon
Nothing Compares 2 U
Sans savoir
Sans savoir pourquoi
J'aime ce monde
Où nous venons pour mourir...
Natsume Sôseki
Savoir
Savoir comprendre, c'est être psychologue ;
savoir sentir, c'est être artiste ;
savoir azurer, c'est être poète.
Anne Barratin
Paix
Paix
tu me manques
tu nous manques
tu manques à cette humanité perdue
à cette planète suppliciée
et jusqu’à l’insondable
l’impassible Univers…
Paix
donne-nous la main
le temps pour nous de réapprendre
les mots de la tendresse
les gestes de l’amour
l’alphabet de la beauté
le bréviaire de la fraternité.
Abdellatif Laâbi
Herr, wie du willt, so schicks mit mir
À une fille
Ma petite Nymphe Macée,
Plus blanche qu'ivoire taillé,
Plus blanche que neige amassée.
Plus blanche que le lait caillé,
Ton beau teint ressemble les lis
Avecque les roses cueillis.
Découvre-moi ton beau chef-d'œuvre,
Tes cheveux où le Ciel, donneur
Des grâces, richement découvre
Tous ses biens pour leur faire honneur ;
Découvre ton beau front aussi,
Heureux objet de mon souci.
Comme une Diane tu marches,
Ton front est beau, tes yeux sont beaux,
Qui flambent sous deux noires arches,
Comme deux célestes flambeaux,
D'où le brandon fut allumé,
Qui tout le cœur m'a consumé.
Ce fut ton œil, douce mignonne,
Que d'un fol regard écarté
Les miens encore emprisonne,
Peu soucieux de liberté,
Tous deux au retour du Printemps,
Et sur l'Avril de nos beaux ans.
Te voyant jeune, simple et belle,
Tu me suces l'âme et le sang ;
Montre-moi ta rose nouvelle,
Je dis ton sein d'ivoire blanc,
Et tes deux rondelets tétons,
Que s'enflent comme deux boutons.
Las ! puisque ta beauté première
Ne me daigne faire merci,
Et me privant de ta lumière,
Prend son plaisir de mon souci,
Au moins regarde sur mon front
Les maux que tes beaux yeux me font.
Pierre de Ronsard
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