Au lac de tes yeux
Au lac de tes yeux très profond
Mon pauvre coeur se noie et fond
Là le défont
Dans l’eau d’amour et de folie
Souvenir et Mélancolie
Nîmes, le 18 décembre 1914
Guillaume Apollinaire
Coups de cœur
Au lac de tes yeux très profond
Mon pauvre coeur se noie et fond
Là le défont
Dans l’eau d’amour et de folie
Souvenir et Mélancolie
Nîmes, le 18 décembre 1914
Guillaume Apollinaire
Toi et moi
Tu serais rêve
Je serais vent
Gu Cheng
Je me souviendrai toujours de mon ravissement, lorsque tu dormais près de moi, de ton beau visage lisse aux sourcils finement tracés, de tes lèvres ourlées que je me lassais pas de contempler. tu étais fragile comme le tremblement d'un mirage que savourais en sachant qu'il n'allait pas disparaitre. Je ne désirais rien d'autre que d'arrêter le temps.
Gérard Chaliand, Le savoir de la peau.
Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !
Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.
Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.
Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.
Stéphane Mallarmé
L'amour est quelque chose qui peut
renverser l'histoire,
peut damner une âme
ou la faire monter au ciel :
c'est une question de chance.
Alda Merini
Je n'oublierais jamais la façon qu'il tenait son cou. Ils ne flirtaient pas, ne faisaient aucun geste érotique ou démonstratif, mais leur intimité était électrique.Il tenait son cou.Ce n'était pas un geste possessif, c'était fusionnel
Lucia Berlin, Manuel à l'usage des femmes de ménages.
L’amour nous fait trembler comme un jeune feuillage,
Car chacun de nous deux a peur du même instant.
Mon bien-aimé, dis-tu très bas, je t’aime tant…
Laisse… Ferme les yeux… Ne parle pas… Sois sage…
Je te devine proche au feu de ton visage.
Ma tempe en fièvre bat contre ton coeur battant.
Et, le cou dans tes bras, je frissonne en sentant
Ta gorge nue et sa fraîcheur de coquillage.
Écoute au gré du vent la glycine frémir.
C’est le soir ; il est doux d’être seuls sur la terre,
L’un à l’autre, muets et faibles de désir.
D’un baiser délicat tu m’ouvres la paupière ;
Je te vois, et, confuse, avec un long soupir,
Tu souris dans l’attente heureuse du mystère.
Charles Guerin