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Je n'oublierais jamais

29 Août 2025, 00:06am

Publié par vertuchou

Je n'oublierais jamais la façon qu'il tenait son cou. Ils ne flirtaient pas, ne faisaient aucun geste érotique ou démonstratif, mais leur intimité était électrique.Il tenait son cou.Ce n'était pas un geste possessif, c'était fusionnel 

Lucia Berlin, Manuel à l'usage des femmes de ménages.

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L’amour nous fait trembler comme un jeune feuillage

28 Août 2025, 00:08am

Publié par vertuchou

L’amour nous fait trembler comme un jeune feuillage,
Car chacun de nous deux a peur du même instant.
Mon bien-aimé, dis-tu très bas, je t’aime tant…
Laisse… Ferme les yeux… Ne parle pas… Sois sage…

Je te devine proche au feu de ton visage.
Ma tempe en fièvre bat contre ton coeur battant.
Et, le cou dans tes bras, je frissonne en sentant
Ta gorge nue et sa fraîcheur de coquillage.

Écoute au gré du vent la glycine frémir.
C’est le soir ; il est doux d’être seuls sur la terre,
L’un à l’autre, muets et faibles de désir.

D’un baiser délicat tu m’ouvres la paupière ;
Je te vois, et, confuse, avec un long soupir,
Tu souris dans l’attente heureuse du mystère.

Charles Guerin

 

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Sun

27 Août 2025, 00:12am

Publié par vertuchou

David Hockney,  Sun (from Weather series), 1973, Lithographie et sérigraphie sur papier

David Hockney, Sun (from Weather series), 1973, Lithographie et sérigraphie sur papier

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Les fusillés

26 Août 2025, 00:21am

Publié par vertuchou

Dans le petit matin
Alignés contre le mur
Ils ont des mains puissantes
Des chemises déboutonnées
Des dents de loup
L'allure cavalière
Fument par tout le corps l'honneur de vivre
Comme une fumée légère
Qui s'éloigne d'eux
Très vite
A mesure que file le sang
Criblé de balles.

Anne Hébert
 

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La poésie ne se laisse pas saisir

25 Août 2025, 00:04am

Publié par vertuchou

La poésie ne se laisse pas saisir.
Quand elle nous veut, elle est par essence  indescriptible… 
Lorsqu’elle est enfin capturée, c’est la griserie.

René Char, Sous ma casquette amarante

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Les trois dernières muses castillanes

24 Août 2025, 00:07am

Publié par vertuchou

Je regarde cette montagne qui vieillit en janvier,
et cana je regarde expirer avec la neige
son sommet qui, froid, sombre et bref,
Le soleil la regarde, qui l'a peinte en premier.
Je vois que dans de nombreux endroits, flatteur,
soit il donne sa glace, soit il la boit;
qui, reconnaissant de sa pitié, bouge
le musicien de cristal libre et bavard.
Mais dans les Alpes de ta poitrine en colère,
Je ne vois pas que tes yeux sur les miens
Donnez, étant le feu, la glace que vous aimez.
Ma propre flamme se multiplie par le froid,
et dans mes propres cendres je brûle gelé,
envier le bonheur de ces rivières.

Francisco de Quevedo

 

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Visions

23 Août 2025, 00:41am

Publié par vertuchou

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Étoiles d’été

22 Août 2025, 00:20am

Publié par vertuchou

Étoiles d’été cueillies une à une
Rayon fouillant l’ombre bruissante
Où demeure obscure et claire
La source du désir

François Cheng

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AVANT-HIER

21 Août 2025, 00:58am

Publié par vertuchou

AVANT-HIER c’était l’anniversaire de notre amour !
Je ne me souviens plus de cette première nuit.
Je me souviens du bar, du boulevard, du baiser. Après nous avons marché. Je me souviens que je ne t’ai pas aimée, durant notre nuit. J’ai commencé à t’aimer lorsqu’au matin je t’ai vue partir. Là, je me rappelle notre gêne.
Je crois que mon premier sentiment était de vous avoir blessée. Et le respect qui m’est venu pour vous, c’était le commencement de l’amour. 

Jacques Higelin, Lettres d'amour d'un soldat de vingt ans.

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Papillons de janvier

20 Août 2025, 16:31pm

Publié par vertuchou

Un jour d'hiver gris et terne. Avoir,
le jardin est paresseux, les fleurs somnolent,
fatigué les eaux, qui tiennent à peine
redresser les jets des jets.

Il n'y a pas d'oiseaux qui chantent; aucune voix ne retentit;
et dans l'anémie de la lumière et de la verdure,
deux papillons qui vont et viennent
les ailes de couleur aromatisées secouent.

Vous cherchez du miel, vous vous trompez! le miel n'existe plus,
et un trope m'assaille, très vieux et très triste:
les deux illusions de toute ma vie.

(Aimer! Être aimé!) Sont deux papillons
dans un jardin desséché sans roses….
Ce sont deux retardataires du printemps.

Luis Gonzaga Urbina

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