Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

Mélisande

20 Juillet 2025, 01:15am

Publié par vertuchou

Voir les commentaires

Et je ne reverrai jamais

19 Juillet 2025, 01:28am

Publié par vertuchou

... Et je ne reverrai jamais ma douce Attys.
Mourir est moins cruel que ce sort odieux ;
Et je la vis pleurer au moment des adieux.
Elle disait : « Je pars. Partir est chose dure. »
Je lui dis : « Sois heureuse, et va, car rien ne dure.
Mais souviens-toi toujours combien je t’ai aimée.
Nous tenant par la main, dans la nuit parfumée,
Nous allions à la source ou rôdions par les landes.
J’ai tressé pour ton cou d’entêtantes guirlandes ;
La verveine, la rose et la fraîche hyacinthe
Nouaient sur ton beau sein leur odorante étreinte ;
Les baumes précieux oignaient ton corps charmant
Et jeune. Prés de moi reposant tendrement,
Tu recevais des mains des expertes servantes
Les milles objets que l’art et la mollesse inventent
Pour parer la beauté des filles d’Ionie...
Ô plaisir disparu ! Joie à jamais finie !
L’éperdu rossignol charmait les bois épais,
Et la vie était douce et notre cœur en paix... »


Saphô 
Traduit du grec par Marguerite Yourcenar

Voir les commentaires

Elle s'est déshabillée dans le noir,

18 Juillet 2025, 00:03am

Publié par vertuchou

Elle s'est déshabillée dans le noir, puis elle a sauté sur moi, comme prise de panique, mais ce n'était pas de la panique, c'était une joie atrocement violente et sincère. [...]

Elle s'était fondue dans l'obscurité, comme la Voie lactée dans le ciel d'une nuit d'été, en dégageant une vague lumière laiteuse. Au milieu des sanglots, elle a pris mon visage plusieurs fois, comme dans un délire. Quand elle s'est assurée que j'étais bien là, elle m'a chuchoté d'une voix à peine audible : "Ryôsuke..."

À cause de la dope, je m'en moquais et je la caressais encore plus intensément. Elle a peut-être répété ce prénom masculin quatre ou cinq fois. Puis, comme pour vérifier ce nom, elle vérifiait ma peau.

 Yukio Mishima, Une matinée d'amour pur.

 

 

Voir les commentaires

Je cesse de marcher

17 Juillet 2025, 00:41am

Publié par vertuchou

Je cesse de marcher, de toucher
ce qui me retient
de me perdre, je commence
par une phrase
qui va jusqu’à toi.

Jamais le désert ne trahit notre silence.
La faille continue à remuer
sous nos pas
en même temps que tremble ma voix
accordée à la tienne.

Hélène Dorion 

Voir les commentaires

Réalité absolue

16 Juillet 2025, 01:15am

Publié par vertuchou

Joan Miró. réalité absolue. Paris, 1920–1945.

Joan Miró. réalité absolue. Paris, 1920–1945.

Voir les commentaires

Sur le lac

15 Juillet 2025, 01:26am

Publié par vertuchou

Et du libre univers nourriture nouvelle
En moi j’aspire, sang neuf dans mes veines ;
Comme Nature est bienveillante et bonne
Qui me presse contre son sein !
La vague berce notre barque
Vers l’amont au rythme des rames,
Et les montagnes, dressées dans les nuages,
Rencontrent notre course.

Mes yeux, mes yeux, pourquoi vous fermez-vous ?
Rêves dorés, revenez-vous ?
Va-t-en, rêve, si doré que tu sois ;
Ici aussi est l’amour, ici aussi la vie.

Sur la vague scintillent
Mille étoiles flottantes,
Les brumes moelleuses boivent
Les hautes masses des lointains alentour ;
La brise du matin volète
Sur les bords de la baie ombreuse,
Et dans le lac se reflète,
Mûrissante, la moisson à venir.

Goethe

 

Voir les commentaires

Le poète se doit

14 Juillet 2025, 01:07am

Publié par vertuchou

Le poète se doit de subir et de redresser. 

Marcel Lecomte

Voir les commentaires

Tu es allongé

13 Juillet 2025, 01:31am

Publié par vertuchou

 Tu es allongé à côté de moi et ma main est écartée comme une étoile de mer

sur ta poitrine.

Je peux sentir l'océan au bout de mes doigts.

Caitlyn Siehl

Voir les commentaires

Mes épaules

12 Juillet 2025, 01:13am

Publié par vertuchou

Voir les commentaires

Le marié

11 Juillet 2025, 00:24am

Publié par vertuchou

Minuit, je dormais, au fond de moi veillait
Le cœur plein d’amour, comme si c’était le jour ;
Parut le jour, c’était la nuit pour moi,
Que m’est le jour, tant qu’il puisse apporter.

Elle n’était pas là ; mon labeur incessant
Pour elle seule je le soutins parmi l’ardeur
De l’heure brûlante, quelle vie renouvelée
Dans la froideur du soir ! Ce fut fécond, et bon.

Le soleil se coucha ; main dans la main l’un à l’autre engagés,
Nous saluâmes son dernier regard, bénédiction dernière,
Et les yeux dirent, clairement dirigés dans les yeux :
De l’orient, espère, espère, il reviendra.

Minuit ! L’éclat des étoiles conduit
En un doux rêve au seuil où elle repose.
O qu’il me soit donné de reposer moi aussi en ce lieu.
Quelle que soit la vie, vivre est bon.

Goethe

 

 

 

Voir les commentaires