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Vertuchou.over-blog.com

Le baiser

27 Juin 2018, 03:18am

Publié par vertuchou

Le vent qui court, lissant les lames déferlées,
Sur tes lèvres sécha leur haleine salée,
Et ton baiser, ce soir, a le goût de la mer ;
Il me plaît d'en garder l'âpre saveur intacte,
Car l'amour, dont il inscrivit l'image exacte,
Serait moins pénétrant s'il n'était point amer.

Ta bouche, en le scellant d'une empreinte brûlante,
Semble asservir plus fort celle qui le reçut,
Celle-là dont le coeur ne t'aura point déçu,
Qui garde, obstinément tenace et patiente,
L'ardent et douloureux bonheur qu'elle a choisi
Et librement t'a dit : "Je t'aime et me voici."

Jane Perdriel-Vaissière

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Bedroom Tit with Lamp

26 Juin 2018, 02:05am

Publié par vertuchou

Tom Wesselmann (1931-2004), Bedroom Tit with Lamp, Liquitex et crayon de couleur sur papier calque 100% chiffon, 36.8 x 51.8 cm, 1979

Tom Wesselmann (1931-2004), Bedroom Tit with Lamp, Liquitex et crayon de couleur sur papier calque 100% chiffon, 36.8 x 51.8 cm, 1979

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Haiku

25 Juin 2018, 02:36am

Publié par vertuchou

Ne possédant rien
Comme mon coeur est léger
Comme l’air est frais

Kobayashi Issa

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L'origine de la poésie

24 Juin 2018, 02:19am

Publié par vertuchou

L'origine de la poésie se perd dans l'insondable abîme des âges

car l'homme naît poète, les enfants en témoignent.

Benjamin Péret

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Lubies sentimentales

23 Juin 2018, 09:52am

Publié par vertuchou

Son sourire est si mystérieux
Quand elle exorcise mes regrets
À l’heure où s’éteignent ses yeux
Chargés d’impalpables secrets
Ses lèvres aux discours silencieux
Ses larmes aux langueurs enfantines
Son regard inquiet qui s’émeut
D’un poème aux rimes androgynes

Dans le jasmin de ses cheveux
Où se dénouent mes doigts fébriles
Je m’enivre au voluptueux
Parfum de son âme indocile
Son rire agite les girandoles
D’un feu d’artifice étonnant
Mes lèvres sur les auréoles
De ses seins aux dessins troublants

Flamboyante ivresse de mes jours
Fulgurante astrée de mes nuits
Délicieuse hôtesse au long cours
Qui m’éclaire & qui m’éblouit

Déesse de mes gravures anciennes
Fille de mes équations païennes
Ange quantique & démon fatal
De mes lubies sentimentales

Lorsque son souffle accéléré
Me dévoile dans un murmure
Le charme des verbes oubliés
Sous les mailles de mon armure
Ses jeux inédits, ses baisers
Magnifient sa beauté rebelle
Quand elle pleure dans l’intimité
Souriante de ses dentelles

Flamboyante ivresse de mes jours
Fulgurante astrée de mes nuits
Délicieuse hôtesse au long cours
Qui m’éclaire & qui m’éblouit
Déesse de mes gravures anciennes
Fille de mes équations païennes
Ange quantique & démon fatal
De mes lubies sentimentales

Hubert-Félix Thiéfaine

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Hommage à Charlie Chaplin

22 Juin 2018, 02:22am

Publié par vertuchou

Jean Dieuzaide, Hommage à Charlie Chaplin, 1949

Jean Dieuzaide, Hommage à Charlie Chaplin, 1949

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Madrigal

21 Juin 2018, 02:29am

Publié par vertuchou

traduit de dessus un éventail de lady Hamilton

Le temps, implacable alchimiste, épuisera le chaud parfum du santal.

Mais ces mots, écrits sur votre éventail, subsisteront, et vous y trouverez
encore les immatériels parfums du souvenir.

Alors le tableau de votre éclatante jeunesse se déroulera dans votre mémoire.
Vous en serez éblouie et ravie, comme nous sommes éblouis et ravis quand vos
cheveux de cuivre se déroulent sur vos épaules.

Puis après, le temps un instant dompté, reprendra son œuvre dévorante, et votre
chair, aurore palpable, sera emportée tout à coup par la colère du sort ou de
l’homme; ou bien elle se desséchera lentement au vent de la vieillesse, pour se
dissoudre enfin dans la terre brune.

Cet éventail, aussi, vendu, acheté, revendu, sali dans les tiroirs, brisé par
les enfants, bibelot dédaigné des bric-à-brac, finira peut-être dans un clair
incendie, ou bien épave d’égouts, il descendra les rivières pour s’émietter,
pourri, dans la mer immense.

En attendant, gardez l’orgueil de votre chair couleur d’aurore, laissez
insolemment flamboyer vos cheveux, jouez avec la perverse toute-puissance de vos
yeux transparents.

Car vous êtes l’anneau actuel de la perpétuelle chaîne de beauté; car ce qui a
lui une fois, luit à jamais dans l’absolu; car, à la symphonie de votre vie, il
faut un sévère et grandiose accord final.

D’ailleurs ces mots qui parlent de vous, transmis de mémoire en mémoire, feront 
sans cesse revivre la main souveraine qui a tenu cet éventail et la chair qu’il 
a caressée de ses battements parfumés.

Charles Cros

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Elle était là, seule et tranquille

20 Juin 2018, 02:13am

Publié par vertuchou

Elle était là, seule et tranquille, regardant vers le large ; puis lorsqu’elle eut senti

la présence de Stephen et son regard d’adoration, ses yeux se tournèrent vers lui,

subissant ce regard avec calme, sans honte ni impudeur.

Longtemps, longtemps elle le subit ainsi, puis, calme, détourna ses yeux de Stephen

et les abaissa vers le ruisseau, remuant l’eau de-ci, de-là, doucement, du bout de son pied.

Le premier clapotis léger de l’eau remuée rompit le silence, doux et timide, et murmurant,

timide comme les clochettes du sommeil : de-ci, de-là, de-ci, de-là : et une rougeur timide

palpitait sur sa joue.

« Dieu du ciel ! » cria l’âme de Stephen dans une explosion de joie profane.

Il se détourna d’elle brusquement et s’en fut à travers la grève. Ses joues brûlaient ;

son corps était un brasier, un tremblement agitait ses membres. Il s’en fut à grands pas,

toujours plus loin, par-delà les sables, chantant un hymne sauvage à la mer,

criant pour saluer l’avènement de la vie qui avait crié vers lui.

L’image de la jeune fille était entrée dans son âme à jamais, et nulle parole n’avait rompu

le silence sacré de son extase. Ses yeux à elle l’avaient appelé et son âme avait bondi à l’appel.

Vivre, s’égarer, tomber, triompher, recréer la vie avec la vie ! Un ange sauvage lui était apparu,

l’ange de jeunesse et de beauté mortelles, ambassadeur des cours splendides de la vie,

ouvrant devant lui, en un instant d’extase, les barrières de toutes les voies d’égarement et de gloire.

En avant ! En avant ! En avant !

 

 James Joyce, Portrait de l'artiste en jeune homme"

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Ce jour

19 Juin 2018, 01:02am

Publié par vertuchou

Aujourd'hui pourrait être le jour.
Je pourrais lâcher les amarres et dériver
jusqu'au bout de la jetée
délover dans l'eau les cordages
vaisseau de lumière clairière de lune
voguer sur les courants jusqu'au coucher du soleil
et quand je ne serai plus là
une autre inconnue te trouvera
lovée dans le sable chaud
trésor échoué et t'aimera
pour ces histoires différentes
que tes mers racontent
et les fleurs à-demi écloses
que ma saison a fait naître
continueront à exhaler leur parfum
dans un bourdonnement réconfortant.


Mais ce jour
n'est pas encore le jour.
Ce jour.

Audre Lorde

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Antibes (la pinède)

18 Juin 2018, 02:02am

Publié par vertuchou

Paul Signac (1863-1935), Antibes (la pinède), huile sur toile, 92.3 x 73.5 cm, décembre 1917

Paul Signac (1863-1935), Antibes (la pinède), huile sur toile, 92.3 x 73.5 cm, décembre 1917

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