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Coups de cœur
La sincère
Veux-tu l'acheter ?
Mon coeur est à vendre.
Veux-tu l'acheter,
Sans nous disputer ?
Dieu l'a fait d'aimant ;
Tu le feras tendre ;
Dieu l'a fait d'aimant
Pour un seul amant !
Moi, j'en fais le prix ;
Veux-tu le connaître ?
Moi, j'en fais le prix ;
N'en sois pas surpris.
As-tu tout le tien ?
Donne ! et sois mon maître.
As-tu tout le tien,
Pour payer le mien ?
S'il n'est plus à toi,
Je n'ai qu'une envie ;
S'il n'est plus à toi,
Tout est dit pour moi.
Le mien glissera,
Fermé dans la vie ;
Le mien glissera,
Et Dieu seul l'aura !
Car, pour nos amours,
La vie est rapide ;
Car, pour nos amours,
Elle a peu de jours.
L'âme doit courir
Comme une eau limpide ;
L'âme doit courir,
Aimer ! et mourir.
Marceline Desbordes-Valmore
Un baiser veut tout dire
Un baiser veut tout dire. Un baiser est la vérité.
Sans trop d'exercices de style, sans entortillements extrêmes, sans vrilles funambulesques.
Sans être en représentation, sans devoir s'affirmer, simplement.
Sûr, doux, tranquille, sans hâte, sans technique, avec saveur.
Federico Moccia, J'ai envie de toi
Les Cydalises
Où sont nos amoureuses ?
Elles sont au tombeau .
Elles sont plus heureuses,
Dans un séjour plus beau !
Elles sont près des anges,
Dans le fond du ciel bleu,
Et chantent les louanges
De la mère de Dieu !
Ô blanche fiancée !
Ô jeune vierge en fleur !
Amante délaissée,
Que flétrit la douleur !
L'éternité profonde
Souriait dans vos yeux ...
Flambeaux éteints du monde,
Rallumez-vous aux cieux !
Gérard de Nerval
Simplement un instant
Simplement un instant pouvoir poser ma tête
Sur ton cœur et penser que tout n’est pas si vain,
Et me réconciliant avec des joies honnêtes,
Oublier que l’amour trompe plus que le vin .
Approcher lentement mon désir de tes lèvres,
Les effleurer, garder ton haleine sur moi,
Agrandir ta pupille au-delà de la fièvre
Et que ton œil si grand soudain paraisse étroit.
Tu fuis, ta gentillesse est nerveuse et complice
De mon geste qui donne à ta peau son éclat.
Tous les ruisseaux du Sud ont couru sur tes cuisses
Et l’ongle de la mer a lacéré tes bras.
Poulain des sables francs, tu mords et tu rutiles,
Tu gambades, naïf aux rires de copeaux,
Ton corps est ce long golfe où la raison s’exile,
O toi qui ris lorsque je dis que tu es beau !
L’aube va se lever avec ses coups de pioche,
Chacun de son côté s’enchaîne à son travail,
Mais moi je porterai ton regard d’eau de roche,
Et toi, garderas-tu ma main sous ton chandail ?
Jean Sénac
Tomara que suba
Dis-moi, dis, souriante enfant
Dis-moi, dis, souriante enfant,
Qu'est-ce, pour toi, que le passé ?
« Un soir d'automne, doux et clément,
Où le vent soupire, endeuillé. »
Qu'est-ce, pour toi, que le présent ?
« Un rameau vert chargé de fleurs
Où l'oiselet bande ses forces
Pour s'envoler dans les hauteurs. »
Et l'avenir, enfant bénie ?
« La mer sous un soleil sans voiles,
La mer puissante, éblouissante
Qui, là-bas, rejoint l'infini. »
juillet 1836
Emily Jane Brontë
La poésie est toujours
La poésie est toujours un acte de paix.
Le poète naît de la paix comme le pain naît de la farine.
Pablo Neruda
Territoires du souffle
Parcourant
Les territoires du souffle
La Poésie
Ne thésaurise rien
Nulle empreinte
N’ossifie son essor
Nul usage
Ne pétrifie sa flamme
Elle insuffle son et sens
Dans les parcelles du monde
Disant sans vraiment dire
Elle ravive le désir
Multipliant les signes
Elle demeure
À l’avant.
Andrée Chedid

