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Coups de cœur
À toute âme qui pleure
À toute âme qui pleure,
À tout péché qui passe,
J’ouvre au sein des étoiles
Mes mains pleines de grâces.
Il n’est péché qui vive
Quand l’amour a parlé;
Il n’est âme qui meure
Quand l’amour a pleuré. . .
Et si l’amour s’égare
Aux sentiers d’ici-bas,
Ses larmes me retrouvent
Et ne s’égarent pas. .
Maurice Maeterlinck
Nous nous sommes rencontrés,
Nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes reconnus, nous nous sommes abandonnés l’un à l’autre, nous avons réussi un amour brûlant de cristal pur, te rends-tu compte de notre bonheur et de ce qui nous a été donné ?
Lettre de Maria Casarès à Albert Camus, 4 juin 1950
J’aimerais !
J’aimerais !
J’aimerais te déshabiller de tes inquiétudes et t'habiller simplement de mes mots.
Le bonheur, dit-on, pousse mal sur les blessures mais je me sais la jardinière de mes déraisons.
J’aimerais te déshabiller de tes incertitudes et te parer du sourire de la paix.
Le Bonheur, dit-on, pousse mal sur les inquiétudes mais je me sais jardinière de tes gestes apaisés.
J’aimerais te déshabiller de tes larmes grises, et t'habiller des rires, de nos émois.
Le Bonheur pousse mal sur nos déchirures mais je me sais jardinière de nos éternités de toi et de moi.
J'aimerais te déshabiller des jours sans certitudes et t'habiller de rêves en douces féeries.
Le Bonheur pousse mieux loin des égratignures que les maux font toujours à nos songes d'envies.
Le bonheur pousse mieux loin de toi
Manuela Terkemani
Ritournelle
A une Madone
Ex-voto dans le goût espagnol.
Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,
Un autel souterrain au fond de ma détresse,
Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur,
Loin du désir mondain et du regard moqueur,
Une niche, d'azur et d'or tout émaillée,
Où tu te dresseras, Statue émerveillée.
Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal
Savamment constellé de rimes de cristal,
Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ;
Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone,
Je saurai te tailler un Manteau, de façon
Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon,
Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ;
Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes !
Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant,
Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend,
Aux pointes se balance, aux vallons se repose,
Et revêt d'un baiser ton corps blanc et rose.
Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers
De satin par tes pieds divins humiliés,
Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte,
Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte.
Si je ne puis, malgré tout mon art diligent,
Pour Marchepied tailler une Lune d'argent,
Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles
Sous tes talons, afin que tu foules et railles,
Reine victorieuse et féconde en rachats,
Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats.
Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges
Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges,
Etoilant de reflets le plafond peint en bleu,
Te regarder toujours avec des yeux de feu ;
Et comme tout en moi te chérit et t'admire,
Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe,
Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux,
En Vapeurs montera mon Esprit orageux.
Enfin, pour compléter ton rôle de Marie,
Et pour mêler l'amour avec la barbarie,
Volupté noire ! des sept Péchés capitaux,
Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux
Bien affilés, et, comme un jongleur insensible,
Prenant le plus profond de ton amour pour cible,
Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant,
Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant
Charles Baudelaire
définir la poésie
Si tu devais absolument définir la poésie en 3 mots... quels seraient-ils ?
Horizon, air, paysage.
Mais je pourrais dire : Amour, sang, corps.
Ou : neige, nuit, danse.
Trois mots ne suffiraient pas pour cet absolu qui ne se laisse absolument pas réduire à trois mots...
Ida Jaroschek
Je ne peux pas
Je ne peux pas penser à un exemple où les poèmes ont changé le monde,
mais ce qu'ils font, c'est qu'ils changent la compréhension des gens
sur ce qui se passe dans le monde.'
Seamus Heaney
Évangile selon saint Eros
Douce est la soie au plus vif du corps féminin
Douce aussi sera ma parole pour chanter
Avec candeur et vénération cette île
Où commencent les voiles de la santé
Je chante le sexe de la femme
Je dis ses équinoxes et ses légendes
Je dis son Évangile selon saint Eros
Je crie ses lumières et ses ombres voyantes
Et tout ce que je sais de ses hautes marées !
Êtres humains
Ne rougissez pas de mon chant
Sa nudité vient de l'arbre
Que la pluie a aimé.
René Depestre
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