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Vertuchou.over-blog.com

Une femme parle

7 Septembre 2024, 01:39am

Publié par vertuchou

Comme autour de nous deux l’air est divinatoire !
Nous sommes imprégnés d’un secret merveilleux,
Nous sommes ceux pour qui nul mal n’est périlleux,
Nous vivons une grande et facile victoire.

Nous sommes l’un pour l’autre en héroïque honneur,
En tous tes mouvements je suis essentielle,
Quand je ne te vois pas, ta présence est réelle,
Et de nous chaque chose est le plus grand bonheur.

C’est à cause de toi qu’un matin je suis née,
Et seul, mon coeur puissant t’a pleinement conçu,
Que je t’ai possédé, toi que je n’ai pas eu,
Ô mon unique amant, que je me suis donnée !

Nous sommes à nous deux toute l’immensité
Rien n’est si beau que toi quand je vois que tu m’aimes,
Nous sommes un amour au-dessus de nous-mêmes,
Indicible, immuable, extrême, innocenté.

Qui connaîtra jamais la muette musique
Émanant de nous deux quand nous nous regardons,
Et même détournés, figés, sans abandons,
Ah ! notre grand plaisir idéal et physique.

Jane Catulle-Mendès

 

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Les mots il suffit

6 Septembre 2024, 00:35am

Publié par vertuchou

Les mots il suffit qu'on les aime pour écrire un poème.

Raymond Queneau

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Il y a

5 Septembre 2024, 01:34am

Publié par vertuchou

Il y a

des brassées d'étoiles dans nos bras,

des poignées de rêves dans nos poings,

de la poussière d'ange à tes paupières,

du rouge d'amante à tes joues,

de l'imprévu toujours,

de l'inconnu n'importe où ,

des rendez-vous partout,

et puis encore le souffle au large,

et puis encore la fièvre au front,

et puis encore l'amour sans fin.

André Velter

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Tribute to Irakere « Lorena’s Tango »

4 Septembre 2024, 01:38am

Publié par vertuchou

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L'automne

3 Septembre 2024, 00:10am

Publié par vertuchou

Les matins sont plus doux,
Les noix brunissent,
La joue des baies se fait plus ronde,
La rose est en voyage.

L’érable porte un foulard plus joyeux,
Et la prairie une robe écarlate.
Pour ne pas être démodée
Je mettrai un bijou.

Emily Dickinson

 

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Oh ! mon Dieu

2 Septembre 2024, 01:43am

Publié par vertuchou

Oh ! mon Dieu, il était évident qu'elle pouvait sentir à quel point elle était en train de me rendre fou. Je ne savais pas où tout ça nous menait, mais ça me plaisait. Ça me faisait peur aussi, parce que c'était comme si elle me consumait, je me sentais submergé par mon envie d'elle.

Jasinda Wilder, Nous succomber

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Tous les visages de mon visage

1 Septembre 2024, 01:33am

Publié par vertuchou

Tous les visages de mon visage

je les affiche sans faillir

ils sont l’intranquillité sur ma table

voûtes d’échos, masques

aux parois de la grotte

ils disent mes morts

jusqu’à l’ultime qui viendra

comme les autres

bâtons d’aveugle

tous les visages de mon visage

épinglent le sourire, les larmes

leurs trésors sont - indocile limon

roses plantées des mots

depuis le fond de mes âges

tous les visages de mon visage

disent la même aventure

comment encore aimer, parler

quand la bouche soudain défaille

que s’agenouille le oui sur les lèvres

tous les visages de mon visage

ne sont pas encore mon visage

mon visage cherche

son visage perdu

Sylvie G. Fabre

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Mantes-la-Jolie

31 Août 2024, 01:01am

Publié par vertuchou

Marcel Bovis, Mantes-la-Jolie, 1934.

Marcel Bovis, Mantes-la-Jolie, 1934.

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Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

30 Août 2024, 00:27am

Publié par vertuchou

Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne.

Stéphane Mallarmé

 

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Elle ne gémit pas

29 Août 2024, 00:17am

Publié par vertuchou

Elle ne gémit pas, ne dit rien, mais les doigts qui s’étaient refermés sur son mamelon droit et le pinçaient hâtèrent peut-être son mouvement suivant, et Juan put deviner, interpréter sans peine les intentions de Charo quand elle changea d’objectif, détacha sa tête de la sienne pour plonger sans aucune transition vers son ventre, et ses lèvres […] parcouraient maintenant toute la longueur de sa bite dressée pour lui donner un plaisir croissant, connu, qu’il pouvait encore contrôler, mais, à certain moment, proche de la fin, il se força à ouvrir les yeux et, dans la pénombre trompeuse de l’obscurité partielle, […] il vit la chevelure noire et luisante qui se répandait sur son jean, il sut alors avec certitude qui il était, qui était Charo…

 
Almudena Grandes, Vents contraires.

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