Puisqu'on allume les étoiles
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires
c'est qu'il est indispensable,
que tous les soirs
au-dessus des toits
se mette à luire seule au moins
une étoile
Vladimir Maïakovski
Coups de cœur
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires
c'est qu'il est indispensable,
que tous les soirs
au-dessus des toits
se mette à luire seule au moins
une étoile
Vladimir Maïakovski
Là, sur mon front
pose ta main
comme si ta main
était ma main.
Comme quand on tue
veille sur moi
comme si ma vie
c’était toi.
Aime-moi
comme le bonheur
comme si moi
c’était ton cœur.
Attila József
Toutes les choses ont leur mystère, et la poésie, c'est le mystère de toutes les choses.
Federico Garcia Lorca
Le silence m'a déprimé.
Ce n'était pas le silence du silence.
C'était mon propre silence.
Sylvia Plath
Le ciel, grand, plein de retenue splendide,
une provision d'espace, un excès de monde.
Et nous, trop loin pour nous laisser façonner,
trop près pour nous en détourner.
Là-bas une étoile tombe ! Et notre désir à la voir,
d'un regard bouleversé, rivé à elle et pressant :
Quelles choses ont commencé et lesquelles disparu ?
Quelles choses sont coupables ? Et lesquelles pardonnées ?
Rainer Maria Rilke
Qu'il est doux d'être au monde, et quel bien que la vie !
Tu le disais ce soir par un beau jour d'été.
Tu le disais, ami, dans un site enchanté,
Sur le plus vert coteau de ta forêt chérie.
Nos chevaux, au soleil, foulaient l'herbe fleurie :
Et moi, silencieux, courant à ton côté,
Je laissais au hasard flotter ma rêverie ;
Mais dans le fond du cœur je me suis répété :
Oui, la vie est un bien, la joie est une ivresse ;
Il est doux d'en user sans crainte et sans soucis ;
Il est doux de fêter les dieux de la jeunesse,
De couronner de fleurs son verre et sa maîtresse,
D'avoir vécu trente ans comme Dieu l'a permis,
Et, si jeunes encor, d'être de vieux amis.
Bury, le 10 août 1838.
Alfred de Musset.
Elle est nue de dos face à la fenêtre. Les cheveux remontés en chignon. Dehors la lumière est vive. Si je devais la photographier à cet instant précis, je serais à contre-jour et elle, prise sous un effet de halo, ses fesses rondes et blanches ressortiraient sur la pellicule. Ce serait beau. Son bras gauche tient une serviette et laisse percer un triangle de couleur vive au cœur de sa peau brune. Je ne vois pas l’autre bras, juste sa main au niveau du cou qui tripote le lobe de son oreille. Elle a les jambes légèrement écartées. Elle m’entend ou me devine derrière elle
Cyrille Falisse, Seuls les fantômes.
Je suis la séparée, la traversante
corps illimité au prolongement des paysages
___
au long des crêtes, des failles
nos brèches, des horizons
___
Je n’oublie pas
tout ce noir entré dans ta bouche
___
et l’orée d’une route
___
elle va, rejoint
ma peau à l’étendue
Ida Jaroschek