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Coups de cœur
Les Tendres Souhaits
Que ne suis-je la fougère,
Où, sur la fin d'un beau jour,
Se repose ma bergère,
Sous la garde de l'amour ?
Que ne suis-je le zéphyre
Qui rafraîchit ses appas,
L'air que sa bouche respire,
La fleur qui naît sous ses pas ?
Que ne suis-je l'onde pure
Qui la reçoit en son sein ?
Que ne suis-je la parure
Qui la couvre après le bain ?
Que ne suis-je cette glace,
Où son minois répété,
Offre à nos yeux une grâce
Qui sourit à la beauté ?
Que ne puis-je par un songe,
Tenir son cœur enchanté ?
Que ne puis-je du mensonge
Passer à la vérité ?
Les dieux qui m'ont donné l'être,
M'ont fait trop ambitieux.
Car enfin je voudrais être,
Tout ce qui plaît à ses yeux !
Charles-Henri Rebouté
Il y a deux sortes d'amour
Il y a deux sortes d'amour, celui de la conscience, de la raison, du quotidien et l'autre, I'amour fou, celui qui fait faire tout et n'importe quoi, celui qui vous pousse à tout plaquer, celui qui vous fait vivre en marge de la société, celui qui empêche de prêter attention aux regards des autres.
Nicolas Carteron, Elle était si jolie.
Nuit tiède
Nuit tiède.
Les sons abstraits des voix comblaient ses oreilles.
Il pensait au port aux couleurs impressionnistes,
aux hommes impassibles face aux lointains merveilleux,
au ciel entre les bateaux, comme des morceaux de monde
au cœur mélancolique d'une mer
Alejandra Pizarnik
Allegro
Le héron
Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où,
Le Héron au long bec emmanché d'un long cou.
Il côtoyait une rivière.
L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ;
Ma commère la Carpe y faisait mille tours
Avec le Brochet son compère.
Le Héron en eût fait aisément son profit :
Tous approchaient du bord ; l'oiseau n'avait qu'à prendre.
Mais il crut mieux faire d'attendre
Qu'il eût un peu plus d'appétit :
Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.
Après quelques moments, l'appétit vint : l'Oiseau, S'approchant du bord, vit sur l'eau
Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux,
Et montrait un goût dédaigneux,
Comme le Rat du bon Horace.
« Moi, des tanches ! dit il, moi, Héron, que je fasse
Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend on ? »
La tanche rebutée, il trouva du goujon.
« Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un Héron !
J'ouvrirais pour si peu le bec ! aux Dieux ne plaise !»
Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
Qu'il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit : il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.
Ne soyons pas si difficiles :
Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ;
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez vous de rien dédaigner,
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
Bien des gens y sont pris. Ce n'est pas aux hérons
Que je parle ; écoutez, humains, un autre conte :
Vous verrez que chez vous j'ai puisé ces leçons.
Jean de La Fontaine
La poésie est l'art
La poésie est l'art de laisser la mer entrer dans un verre.
Italo Calvino
Chanson d'amour de Mad Girl
Je ferme les yeux et tout le monde tombe mort ;
Je soulève mes paupières et tout renaît.
(Je pense que je t'ai inventé dans ma tête.)
Les étoiles valsent en bleu et rouge,
Et la noirceur arbitraire galope dans :
Je ferme les yeux et tout le monde tombe mort.
J'ai rêvé que tu m'as ensorcelé au lit
Sylvia Plath
Dina au foulard
Si je puis empêcher un seul Cœur
Voir sur https://citations.ouest-france.fr/citation-emily-dickinson/puis-empecher-coeur-briser-aurai-39588.htmlFière de mon cœur brisé,
Si je peux empêcher un seul Cœur de se briser
Je ne vivrai pas en vain
Si je peux adoucir la Douleur d’une Vie
Ou atténuer une souffrance
Ou aider une Grive affaiblie
À retrouver son Nid
Je ne vivrai pas en vain.
Emily Dickinson
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