La langue tâtonne
La langue tâtonne comme l'amour dans l'obscurité du monde, à la recherche d'une image initiale, perdue.
On ne fait pas, on soupçonne un poème.
Karl Kraus, La nuit venue.
Coups de cœur
La langue tâtonne comme l'amour dans l'obscurité du monde, à la recherche d'une image initiale, perdue.
On ne fait pas, on soupçonne un poème.
Karl Kraus, La nuit venue.
La nuit
secrètement
je prends la lune
dans ma bouche
Parfois j'avale un morceau
alors moi aussi
je déborde de sa lumière
empruntée.
Anise Koltz
A Mademoiselle de Guise
Vous possédez fort inutilement
Esprit, beauté, grâce, vertu, franchise ;
Qu'y manque-t-il ? quelqu'un qui vous le dise
Et quelque ami dont on en dise autant.
François Marie Arouet, dit Voltaire
Je ne suis pas arrivée à te le dire cette nuit, car j’étais comme tétanisée, mais je t’aime. Je t’aime du grain de beauté sous ton oeil à la commissure de tes lèvres. De tes cheveux insolents à ton hôtel de minuit. De mes nuits. De ta susceptibilité à ta sensibilité. Je t’aime dans toutes tes attentions. Je t’aime parce que tu as appris à aimer les reliefs de mon chaos. Parce que tu as donné aux instants de la musicalité qui ne parle qu’à nous. Parce que même si les autres sont notre tout, j’ai parfois l’impression que tous les deux on peut être l’infini.
Morgane Ortin, Amours solitaires, tome 1
Tes yeux se posent dans mes yeux
Jamais ma vie n'a eu de si forte attache
Jamais n'a-t-elle été autant ancrée en toi
Éperdument ancrée.
À l'ombre de tes rêves, la nuit venue,
Mon coeur d'anémone s'abreuve de vent,
Et je traverse, florissante, les jardins
De ta paisible solitude.
Else Lasker-Schüler
J’ai creusé mon cachot dans le mensonge épais,
Impénétrable et sombre, où, geôlier de moi-même,
Je m’enferme à l’abri même, de ceux que j’aime,
Plus seul quand j’ai parlé qu’aux temps où je me tais.
Ma parole est un mur sans porte ni fenêtre
Qui monte autour de moi, dur, puissant et massif,
Avec maint bas-relief gai, trompeur et lascif :
Et nul œil curieux jusqu’à moi ne pénètre.
Seul, je me connais. Seul, je sais ce que je suis.
Seul, j’allume ma lampe en mes sinistres nuits.
Et, seul, je me contemple et, seul, je me possède.
Je me couche, comme un chartreux, dans mon linceul,
Et, loin de tout désir qui me flatte ou m’obsède,
Je goûte, comme Dieu, le néant d’être seul.
Iwan Gikkin
La poésie !
Elle est partout, c'est cette couleur indéfinissable que le poète met dans les yeux de la femme qu'il aime
Guy d'Arcangues
Lors
Tes lèvres d'amour entrouvriront ma vulve
Et boiront mon désir
Comme on boit un vin fou
Ce désir
Qui courait au long de mon échine
Et faisait se cambrer mes reins
A ton toucher si doux
Lors
Je ne saurai plus si c'est moi que tu aimes
Ou seulement
Ta joie
De me donner l'amour
Simonne Michel Azais