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Coups de cœur
Qu'esperez vous mon Phenix !
Qu'esperez vous mon Phenix ! pour me faire
Ore un joyeux, ore un triste trait d'œil,
Si par cela ma douleur et mon deuil,
Et mon grand feu ne s'estaint ou modere ?
L'immortel feu qui dedans moy repaire
Sort de mon cueur, et vostre doux acueil,
Ou la froideur d'aucun mauvais recueil
N'ont le povoir de l'estaindre et deffaire.
Regardez donc si jamais homme ayma
Ainsi que moy, que l'archer transforma
Dès le moment que j'euz veu vostre face.
D'autant qu'en loz, en honneur, et beauté
Vous excellez, en ferme loyauté
Mon amytié toutes autres surpasse. »
Olivier de Magny
Elle est belle
Elle est belle. Elle l’a toujours été. Une beauté qui résiste, qui traverse les âges même si quelque chose s’est fissuré dans son regard au fil des ans. Une profondeur qui accroît son attraction.
Sa présence est trop nette pour être innocente, d’ailleurs il ne peut ignorer ce glissement récent dans son attitude qu’il n’a pas encouragé. Les dernières fois qu’il l’a vue, il a remarqué sa main qui traîne négligemment contre le dossier de sa chaise ou sur son épaule, ses yeux qui brillent lorsqu’elle l’écoute, son regard qui s’attarde une seconde de trop.
Valérie Fayolle, Le 4e péché.
Vers le désert
Je suis venu vous voir une nuit d'août sans pluie.
Tu m'as appris à vivre sans la pluie.
Tu es soif et la soif est tout ce que je sais.
Tu es sable, vent, soleil et ciel brûlant,
Le bleu le plus chaud. Vous soufflez une brise et marquez
Ton souffle dans ma bouche. Vous atteignez — alors pliez
Ta force, pour briser, souffler, brûler et me refaire .
Tu enveloppes ton nom autour de mes côtes
Et garde-moi au chaud. Je suis né pour toi.
En haut, en bas, par vous, par vous entouré.
Je me réveille à l'aube. Ne cassez jamais votre
Nouer. Atteindre, lever, souffler, sauve-moi, mon dieu,
Avalez-moi, ma terre. sauver, avaler , Brise-moi,
je suis du pain. Je serai l'eau de ta soif.
Benjamin Alire Sáenz
Les baisers perdus
N'oublie pas
N'oublie pas, mon trésor, qu'on s'est aimées un jour.
Libérée aujourd'hui, cependant, souviens-toi
Qu'il était nu, poisseux, humide, notre amour,
Et que toute ta peau frémissait sous mes doigts.
Le monde avance, et toi avec, tu te convaincs
Que rien de tout cela n'a existé vraiment.
Crois-moi : ton cœur se moquera de ton chagrin.
C'est un étrange traître, aux costumes changeants.
Remords, remémorer - ces syllabes sont sœurs,
Si elles sonnent pareil, qu'il en soit donc ainsi !
Va, passe de mon cœur à tout un autre cœur,
Mais remémore-toi notre amour à demi.
Vita Sackville West
Ce mot seulement
Ce mot seulement pour t'accueillir ce soir, pour te dire qu'un jour sans toi est un jour qui n'en finit plus, une ville sans jardins, une terre sans ciel… pour te dire aussi que rien ne nous séparera jamais en ce monde, noués l'un à l'autre.
Bonsoir vivante ! J'embrasse ton cœur.
Lettre d'Albert Camus à Maria Casarès.
Stardust
Si tu venais à moi avec un visage que je n'ai pas vu, avec une voix que je n'ai jamais entendue, je te connaîtrais encore. Même si des siècles nous séparaient, je te sentirais toujours. Quelque part entre le sable et la poussière d'étoiles, à travers chaque effondrement et création, il y a une pulsation qui fait écho à vous et moi.
Lorsque nous quittons ce monde, nous abandonnons tous nos biens et nos souvenirs. L'amour est la seule chose que nous emportons avec nous. C'est tout ce que nous portons d'une vie à l'autre.
Lang Leav
Isolation
La bouche
Ni sa pensée, en vol vers moi par tant de lieues,
Ni le rayon qui court sur son front de lumière,
Ni sa beauté de jeune dieu qui la première
Me tenta, ni ses yeux - ces deux caresses bleues;
Ni son cou ni ses bras, ne rien de ce qu'on touche,
Ni rien de ce qu'on voit de lui ne vaut sa bouche
Où l'on meurt de plaisir et qui s'acharne à mordre,
Sa bouche de fraîcheur, de délices, de flamme,
Fleur de volupté, de luxure et de désordre,
Qui vous vide le cœur et vous boit jusqu'à l'âme...
Marie Nizet
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