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Coups de cœur
Je songe au jardin
Je songe au jardin, et à toi,
À tes pas, à la longue allée
Où calme, et la voix envolée,
Tu t’expliquais. Je songe au toit
Qui t’a vu languir, ne rien faire,
Et puis lire et songer, et puis
Acquérir l’amoureux appui
De l’orgueil que je te confère
Par mon cœur, incessant brasier
Qui forge ta claire fortune...
– Sur le sol l’ombre des rosiers
Comme un geste extasié
De la terre à la douce lune...
Anna de Noailles
Contrairement à la croyance
Contrairement à la croyance populaire, la poésie n'est pas un processus d'inspiration instantanée. Les bons poètes, une fois que l'éclair a jailli en eux, s'accroupissent pour attendre patiemment. Ils laissent tous les ingrédients aromatiser et mijoter, jusqu'à ce que la saveur et la texture soient parfaites, avant de les retirer de la plaque chauffante de leur imagination et de les servir sur le papier.
Tarun J. Tejpal, Loin de Chandigarh.
J’ai toujours ton cœur avec moi
J’ai toujours ton cœur avec moi
Je le garde dans mon cœur
Sans lui, jamais je ne suis
Là où je vais, tu vas ma chère
Et tout ce que je fais par moi-même,
Est ton fait, ma chérie.
Je ne crains pas le destin
Car tu es à jamais le mien, ma douce.
Je ne veux pas d’autre monde
Car, ma magnifique,
Tu es mon monde, en vrai.
C’est le secret profond que nul ne connaît.
C’est la racine de la racine,
Le bourgeon du bourgeon
Et le ciel du ciel d’un arbre appelé Vie
Qui croît plus haut que l’âme ne saurait l’espérer
Ou l’esprit le cacher.
C’est la merveille qui maintient les étoiles éparses.
Je garde ton cœur, je l’ai dans mon cœur.
E.E. Cummings
Sun
Que c'est bon - d'être en vie
Que c'est bon - d'être en vie !
Que c'est infini - d'être
En vie - doublement - Par ma Naissance -
Et celle-ci - de plus, en - Toi !
How good - to be Alive !
How infinite - to be
Alive - two-fold - The Birth I had -
And this - besides, in - Thee !
Emily Dickinson
Ta lettre a tout balayé
Ta lettre a tout balayé et ce soir je me sens revivre. Il faut maintenant que je dorme. Demain je me lèverai prête à tout.
Oh mon amour, si tu savais comme il est bon de te porter !
Je t'aime, je t'aime. Je t'aime. »
Lettre de Maria Casarès à Albert Camus
Il y a des matins
Il y a des matins en ruine
Où les mots trébuchent
Où les clefs se dérobent
Où le chagrin voudrait s’afficher
Des jours
Où l’on se suspendrait
Au cou du premier passant
Pour le pain d’une parole
Pour le son d’un baiser
Des soirs
Où le cœur s’ensable
Où l’espoir se verrouille
Face aux barrières d’un regard
Des nuits
Où le rêve bute
Contre les murailles de l’ombre
Des heures
Où les terrasses
Sont toutes
Hors de portée.
Andrée Chedid
La favorite
Au seuil du printemps
Au seuil du printemps, il est certains jours
Où la prairie se repose sous la neige dense,
Où les arbres font un bruit gai et sec,
Où le vent tiède est tendre et moelleux,
Où le corps s’étonne de sa légèreté,
Où l’on ne reconnaît plus sa maison,
Où la chanson qui déjà lassait
On la chante avec émoi, comme neuve.
Printemps 1915
Slepnévo
Anna Akhmatova
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