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Towards

24 Mai 2026, 00:30am

Publié par vertuchou

Kim Bohie, Towards, 2024. Couleur sur toile, 130.3 x 162.2 cm.

Kim Bohie, Towards, 2024. Couleur sur toile, 130.3 x 162.2 cm.

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Dans un ciel couleur de métal

23 Mai 2026, 00:02am

Publié par vertuchou

Dans un ciel couleur de métal,
l’éclat froid d’une dynamo.
Oh silence de ma bonne étoile !
De mes dents, l’étincelle d’un mot –

En moi le passé comme une pierre
tombe dans l’infini silencieux.
Le temps s’enfuit, pâle et muet.
Lueur d’une lame : mes cheveux –

Ma moustache rampe, alourdie,
chenille sur ma bouche éteinte.
Mal au cœur, les mots ont tiédi.
Mais qui serait là pour entendre –

Attila József (1905 - 1937)

Traduit du hongrois par Alice Zeniter

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C’était toujours

22 Mai 2026, 00:40am

Publié par vertuchou

C’était toujours le même beau visage éclatant de jeunesse qu’elle avait devant elle. Mais ce n’était plus cette attirance objective qu’on éprouve pour le corps d’un homme qu’on commence à aimer. Il y avait là une force magnétique beaucoup plus obscure, beaucoup plus globale. Quelque chose chez Senkitchi la fascinait, ne la lâchait plus, et elle n’aurait déjà plus su dire ce que c’était. Sa voix, un geste banal, son sourire, une habitude de rien du tout comme cette façon qu’il avait, lorsqu’il craquait une allumette de faire la moue en regardant la flamme s’allumer d’un regard hésitant… tout cela, surtout depuis le début de leur vie commune, s’était collé comme de la glue dans les moindres recoins du cœur de Taéko, et elle ne pouvait plus s’en défaire. Essayer d’extirper de son esprit un seul de ces petits riens insignifiants revenait pour elle à s’arracher la peau en prenant le risque de la faire saigner.

Yukio Mishima, L'école de la chair.

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J’ai eu la révélation

21 Mai 2026, 00:03am

Publié par vertuchou

J’ai eu la révélation
que le rire était léger,
et la lumière était le rire,
et que c’était le
secret de l’univers

Donna Tartt

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Concerto pour clavier n° 1 en ré mineur, BWV 1052

20 Mai 2026, 00:24am

Publié par vertuchou

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Nos deux corps sont en toi

19 Mai 2026, 00:35am

Publié par vertuchou

Nos deux corps sont en toi,
Je le sais plus que d'ombre.
Nos amis sont à toi,
Je ne sais que de nombre.
Et puisque tu es tout
Et que je ne suis rien,
Je n'ai rien ne t'ayant
Ou j'ai tout, au contraire,
Avoir et tout et tien,
Comment se peut-il faire ?…
C'est que j'ai tous les maux
Et je n'ai point de biens.

Je vis par et pour toi
Ainsi que pour moi-même.
Tu vis par et pour moi
Ainsi que pour toi-même.

Le soleil de mes yeux,
Si je n'ai ta lumière,
Une aveugle nuée
Ennuie ma paupière.
Comme une pluie de pleurs
Découle de mes yeux,
Les éclairs de l'amour,
Les éclats de la foudre
Entrefendent mes nuits
Et m'écrasent en poudre.
Quand j'entonne les cris,
Lors, j'étonne les cieux.

Je vis par et pour toi
Ainsi que pour moi-même.
Tu vis par et pour moi
Ainsi que pour toi-même.

Nous n'aurons qu'une vie
Et n'aurons qu'un trépas.
Je ne veux pas ta mort,
Je désire la mienne.
Mais ma mort est ta mort
Et ma vie est la tienne.
Ainsi, je veux mourir
Et je ne le veux pas.

Marguerite de Valois

 

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La poésie, dans une œuvre

18 Mai 2026, 00:57am

Publié par vertuchou

La poésie, dans une œuvre, c'est ce qui fait apparaître l'invisible.
Nathalie Sarraute 

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Plus jamais.

17 Mai 2026, 00:07am

Publié par vertuchou

Plus jamais de chambre pour nous,
Ni de baisers à perdre haleine
Et plus jamais de rendez-vous
Ni de saison, d’une heure à peine,
Où reposer à tes genoux.

Pourquoi le temps des souvenirs
Doit-il me causer tant de peine
Et pourquoi le temps du plaisir
M’apporte-t-il si lourdes chaînes
Que je ne puis les soutenir ?

Rivage, oh ! rivage où j’aimais
Aborder le bleu de ton ombre,
Rives de novembre ou de mai
Où l’amour faisait sa pénombre
Je ne vous verrai plus jamais.

Plus jamais. C’est dit. C’est fini
Plus de pas unis, plus de nombre,
Plus de toit secret, plus de nid,
Plus de lèvres où fleurit et sombre
L’instant que l’amour a béni.

Quelle est cette nuit dans le jour ?
Quel est dans le bruit ce silence ?
Mon jour est parti pour toujours,
Ma voix ne charme que l’absence,
Tu ne me diras pas bonjour.

Tu ne diras pas, me voyant,
Que j’illustre les différences,
Tu ne diras pas, le croyant,
Que je suis ta bonne croyance
Et que mon coeur est clairvoyant.

Mon temps ne fut qu’une saison.
Adieu saison vite passée.
Ma langueur et ma déraison
Entre mes mains sont bien placées
Comme l’amour en sa maison.

Adieu plaisirs de ces matins
Où l’heure aux heures enlacée
Veillait un feu jamais éteint.
Adieu. Je ne suis pas lassée
De ce que je n’ai pas atteint

Louise de Vilmorin

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Moon of Knives

16 Mai 2026, 00:56am

Publié par vertuchou

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Le silence de la maison

15 Mai 2026, 00:15am

Publié par vertuchou

Le silence de la maison
dort encore
le ciel n’existe plus
il est dans les brins
d‘herbe, les feuillages
et sous les toits
Le brouillard
mord nos corps
nos âmes nos cœurs
Le visible et l’invisible
les désirs et l’impuissance
l’avant l’après
le maintenant
se confondent…
C’est un jour
au milieu de nulle part
Songe à la douceur
de l’habiter
pour quelques heures
en ta compagnie

Laetitia Cuvelier 

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