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Vertuchou.over-blog.com

Ici-bas

12 Août 2023, 08:59am

Publié par vertuchou

Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts ;
Je rêve aux étés qui demeurent
Toujours...

Ici-bas les lèvres effleurent
Sans rien laisser de leur velours ;
Je rêve aux baisers qui demeurent
Toujours...

Ici-bas tous les hommes pleurent
Leurs amitiés ou leurs amours ;
Je rêve aux couples qui demeurent
Toujours...

René-François Sully Prudhomme

 

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Loin de Füsun

11 Août 2023, 01:48am

Publié par vertuchou

Loin de Füsun, je perdais toute sérénité, le monde se transformait à mes yeux en une énigmatique charade. En voyant Füsun, j'avais l'impression que toutes les pièces du puzzle se remettaient instantanément en place et, me souvenant combien le monde était un endroit plein de sens et de beauté, je soufflais à nouveau

Orhan Pamuk, Le musée de l'innocence.

 

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Approchez-vous

10 Août 2023, 01:26am

Publié par vertuchou

Approchez-vous, baissez les yeux sur mon amour,
Que je cherche en vos mains une chère figure
Pour vivre et m’en aller encor le long des jours
Périssables avec une douceur qui dure.

Ces veines, bleus ruisseaux ne faisant pas de bruit,
Je les veux suivre au bout de leur grande aventure
Qui va du poignet mince au fond des doigts subtils,
Toujours sous le regard perdu de la nature.

Après avoir erré dans d’étranges pays,
Je fermerai la porte aux formes de la Terre
Et, tenant dans mes mains vos paumes prisonnières,
Je referai le monde et les nuages gris
Et les oiseaux qui vont se poser sur la mer.

Jules Supervielle

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Land of Passion

9 Août 2023, 01:24am

Publié par vertuchou

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Si doux est le tourment / Sì dolce è il tormento

8 Août 2023, 01:39am

Publié par vertuchou

Si doux est le tourment que j'ai au cœur
que je vis satisfait de cette beauté cruelle.
Dans un ciel de beauté, que croisse la cruauté et que disparaisse la pité,
ma fidélité sera toujours comme un rocher face aux flots d'orgueil.
 
Que le faux espoir fuie loin de moi,
que ni le plaisir ni la paix ne descendent en moi,
et que l'infâme que j'adore me refuse le réconfort d'une bonne rançon,
ma fidélité vivra (néanmoins) au milieu d'une infinie douleur, d'un espoir trahi.
 
En proie au feu et au gel, je ne trouve plus de repos.
Au céleste port je trouverai le repos.
Si elle me blesse le cœur par le coup mortel d'un trait inexorable,
changeant (le cours de) mon destin, je guérirai mon cœur avec un dard mortel.
 
Si ce cœur inflexible qui m'a ravi
n'a jamais ressenti la flamme de l'amour,
si la cruelle beauté qui a conquis mon âme me refuse sa pitié,
plaise à Dieu que dolente, repentie et languissante, un beau jour elle soupire après moi.


Livret de Carlo Milanuzzi, musique de Claudio Monteverdi
 

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En fait la poésie

7 Août 2023, 01:13am

Publié par vertuchou

En fait la poésie était le symbole de la stabilité immuable du monde.
Yukio Mishima

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Dans l'eau de la claire fontaine

6 Août 2023, 01:41am

Publié par vertuchou

Dans l'eau de la claire fontaine
Elle se baignait toute nue.
Une saute de vent soudaine
Jeta ses habits dans les nues.

En détresse, elle me fit signe,
Pour la vêtir, d’aller chercher
Des monceaux de feuilles de vigne,
Fleurs de lis ou fleurs d’oranger.

Avec des pétales de roses,
Un bout de corsage lui fis.
La belle n’était pas bien grosse :
Une seule rose a suffi.

Avec le pampre de la vigne,
Un bout de cotillon lui fis.
Mais la belle était si petite
Qu’une seule feuille a suffi.

Ell’ me tendit ses bras, ses lèvres,
Comme pour me remercier...
Je les pris avec tant de fièvre
Qu’ell’ fut toute déshabillée.

Le jeu dut plaire à l’ingénue,
Car à la fontaine, souvent,
Ell’ s’alla baigner toute nue
En priant Dieu qu’il fît du vent,

Qu’il fît du vent...

Georges Brassens

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Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve

5 Août 2023, 01:08am

Publié par vertuchou

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La danseuse

4 Août 2023, 01:36am

Publié par vertuchou

A Galina Oulanova

Fille blessée du temps Blanche ferveur mouvante
Flux et reflux noués en un montant sanglot
Que nos regards muets cernent d'errants halos
Corps défiant son dieu Fière et humble servante

Don changeant d'élément quand ses ondes s'embrasent
Aux voix nues des objets comme au silence humain
Elle vit leur soif d'être et tisse de ses mains
Pour leur souffle éperdu l'échelle des extases

Chaque geste aérien avant qu'il ne s'efface
De son secret déchiré et caresse l'espace
Et celle qui jadis fut démente Gisèle

Ou quitta le fragile abri des bras amis
Pour le songe éternel de Juliette endormie
Meurt de la mort d'un cygne à l'ombre de ses ailes.

 Suzanne Arlet

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Vous vous souvenez

3 Août 2023, 01:34am

Publié par vertuchou

Vous vous souvenez, monsieur Cendrars, du début de Sapho d’Alphonse Daudet, quand l’étudiant gravit quatre à quatre les six étages de son meublé une femme dans les bras et dépose son lourd fardeau, la femme masquée enlevée au bal de l’Opéra, dans son lit et s’abat sur elle haletant, à bout de souffle, le cœur battant douloureusement, à se rompre, prêt à éclater d’émotion, de hâte, d’impatience, de triomphe juvénile mais aussi d’épuisement et de fatigue physique vu l’effort fourni pour arriver au haut de ces escaliers sans fléchir, sans lâcher l’inconnue qui à chaque étage se faisait plus lourde, sans la laisser choir au dernier palier. C’est dans le même état d’agitation et de trouble, d’angoisse nerveuse, en sueur, le souffle coupé, le cœur me battant dans la gorge, que je me trouvais quand je déposai Sarah Bernhardt dans sa chambre, sauf que je la déposai debout au milieu de la pièce avec mille précautions tant la divine me paraissait fragile et qu’au lieu de me laisser tomber sur la femme célèbre, comme l’autre sur son inconnue, je n’en revenais pas de mon audace de m’être emparé de l’illustre tragédienne et que je me laissai tomber à genoux, rampant à ses pieds pour baiser avec dévotion l’ourlet de sa robe, cependant qu’un glaçon s’insinuait en moi et me perçait le cœur...

Blaise Cendrars, Le lotissement du ciel.

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