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Dive

3 Février 2024, 01:10am

Publié par vertuchou

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Furieusement

2 Février 2024, 01:01am

Publié par vertuchou

Je veux te prendre, toi que je tiens haletante
Contre mes seins, les yeux noirs de consentement ;
Je veux te posséder [toute] comme un amant,
Je veux te prendre jusqu’au cœur !... Je veux te prendre !...
 
Ah ! rouler ma nudité sur ta nudité,
Te fixer, te dévorer les yeux jusqu’à l’âme,
Te vouloir, te vouloir !... Et n’être qu’une femme
Sur le bord défendu de la félicité !...
 
Et m’assouvir d’une possession ingrate
Qui voudrait te combler, t’atteindre, t’éventrer,
Et qui n’est rien qu’un geste vain d’ongle fardé
Fouillant de loin ta chair profonde et délicate !.

Lucie Delarue-Mardrus

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Nous avons effleuré

1 Février 2024, 01:58am

Publié par vertuchou

Nous avons effleuré et survolé nos épaules avec les doigts fauves de l'automne. Nous avons lancé à grands traits la lumière dans les nids, nous avons éventé les caresses, nous avons créé des motifs avec de la brise marine, nous avons enveloppé de zéphyrs nos jambes, nous avons eu des rumeurs de taffetas au creux des mains.

Violette Leduc, Thérèse et Isabelle.

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Sonnet XLI

31 Janvier 2024, 01:23am

Publié par vertuchou

Malheurs du mois de janvier où les indifférents
midi pose son équation dans le ciel,
un or dur comme le vin d'une tasse pleine
remplissez la terre jusqu'à ses limites bleues.
Malheurs de cette époque semblables aux raisins
les petits qui groupaient le vert amer,
larmes confuses et cachées des jours
jusqu'à ce que la météo publie ses grappes.
Ouais, les germes, les douleurs, tout ce qui palpite
terrifié, dans la lumière crépitante de janvier,
il mûrira, il brûlera comme les fruits brûlés.
Les chagrins seront divisés: l'âme
donnera une rafale de vent, et l'habitation
il sera propre avec du pain frais sur la table.

Pablo Neruda

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Mimosas en fleurs à Cagnes

30 Janvier 2024, 01:34am

Publié par vertuchou

Félix Vallotton, Mimosas en fleurs à Cagnes, 1921.

Félix Vallotton, Mimosas en fleurs à Cagnes, 1921.

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A M. V. H.

29 Janvier 2024, 01:17am

Publié par vertuchou

Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,
Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,
Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,
Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.

Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;
Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.
Puis le cœur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,
Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.

De ces biens passagers que l’on goûte à demi,
Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.
On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,

On s’approche, on sourit, la main touche la main,
Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,
Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain.

Alfred de Musset

 

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Un bon poète

28 Janvier 2024, 01:33am

Publié par vertuchou

Un bon poète n'est pas plus utile à l’État qu'un bon joueur de quilles.

François de Malherbe

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Poème

27 Janvier 2024, 01:38am

Publié par vertuchou

L'été — c'est l'ombre de la jarre qu'emperle son frais et cette
parole qui traverse encore le dédale de vacances.

L'Île-au-Trésor — c'est la touffe de parfums entre tes cuisses salées.

Le désir — c'est la flèche de rubis qui voie par-dessus 1'Orénoque en flammes et décochée sans bruit.

L'amour — c'est ce pays à l'infini ouvert par deux miroirs qui se font face.

L'enfance — c'est la clef rouillée que cachent les buis, celle qui forcerait toutes les serrures.

Le rêve — c'est l'instant où tombe enfin la robe des clairières.

La plus belle récompense de l'homme — c'est encore son sommeil.

Et le mien tarde bien à venir.

André Hardellet

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LOVE'n'TENDRESSE

26 Janvier 2024, 01:51am

Publié par vertuchou

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Le Soleil Levant

25 Janvier 2024, 01:14am

Publié par vertuchou

Jeune déesse au teint vermeil,
Que l’Orient révère,
Aurore, fille du Soleil,
Qui nais devant ton père,
Viens soudain me rendre le jour,
Pour voir l’objet de mon amour.

Certes, la nuit a trop duré ;
Déjà les coqs t’appellent :
Remonte sur ton char doré,
Que les Heures attellent,
Et viens montrer à tous les yeux
De quel émail tu peins les cieux.

Mouille promptement les guérets
D’une fraîche rosée,
Afin que la soif de Cérès
En puisse être apaisée,
Et fais qu’on voie en cent façons
Pendre tes perles aux buissons.

Ha ! je te vois, douce clarté,
Tu sois la bien venue :
Je te vois, céleste beauté,
Paraître sur la nue,
Et ton étoile en arrivant
Blanchit les coteaux du levant.

Le silence et le morne roi
Des visions funèbres
Prennent la fuite devant toi
Avec les ténèbres,
Et les hiboux qu’on oit gémir
S’en vont chercher place à dormir.

Mais, au contraire, les oiseaux
Qui charment les oreilles
Accordent au doux bruit des eaux
Leurs gorges non pareilles
Célébrant les divins appas
Du grand astre qui suit tes pas.

La Lune, qui le voit venir,
En est toute confuse ;
Sa lueur, prête à se ternir,
A nos yeux se refuse,
Et son visage, à cet abord,
Sent comme une espèce de mort.

Le chevreuil solitaire et doux,
Voyant sa clarté pure
Briller sur les feuilles des houx
Et dorer leur verdure,
Sans nulle crainte de veneur,
Tâche à lui faire quelque honneur

Le cygne, joyeux de revoir
Sa renaissante flamme,
De qui tout semble recevoir
Chaque jour nouvelle âme,
Voudrait, pour chanter ce plaisir,
Que la Parque le vînt saisir….

L’abeille, pour boire des pleurs,
Sort de sa ruche aimée,
Et va sucer l’âme des fleurs
Dont la plaine est semée ;
Puis de cet aliment du ciel
Elle fait la cire et le miel.

Le gentil papillon la suit
D’une aile trémoussante,
Et, voyant le soleil qui luit,
Vole de plante en plante,
Pour les avertir que le jour
En ce climat est de retour.

Là, dans nos jardins embellis
De mainte rare chose,
Il porte de la part du lys
Un baiser à la rose,
Et semble, en messager discret,
Lui dire un amoureux secret.

Au même temps, il semble à voir
Qu’en éveillant ses charmes,
Cette belle lui fait savoir,
Le teint baigné de larmes,
Quel ennui la va consumant
D’être si loin de son amant.

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, 1634

 

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