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Vertuchou.over-blog.com

Je choisis parfois

6 Mars 2026, 00:33am

Publié par vertuchou

Je choisis parfois un but pour mes promenades. Je vais vers une rue dont le nom m’a séduit. Je vais vers une rue qu’on m’a indiquée, pour ma collection de rues particulières, mon portefeuille de rues. Une rue sans joie ; une rue calme ; une rue abstraite ; une rue chargée de signes. Une rue caressée d’arbres, aux oiseaux rétractiles ; une rue qui n’a que des coins de rue ; une rue sans numéros ; une rue gorgée d’automobiles arrêtées ; une rue à escaliers, une rue plate, une rue basse. Une rue invraisemblable, une rue sereine, une rue crapule. Trois rues noires, deux rues blanches. J’examine le dessin des trottoirs, leurs fractures ; je compte des pots de fleurs, des laveries, des fenêtres.

Je suis l’autobus 47, l’autobus 29, le 91. Je traverse. J’attends sous une porte cochère, sur un banc, face à une fleur, un croissant au beurre, une boucherie hippophagique, un ‘Ed-l’épicier’. Je sors du neuvième arrondissement. Je passe la Seine.

Je vais d’une rue à une autre pour des raisons arithmologiques, méthodologiques, sentimentalologiques. Je vais de plus en plus loin, je vais sans savoir où ; je me retourne : le ciel est là, le soleil ; une vitre s’enflamme ; la lumière ricoche dans une flaque. Je vais dans les jardins publics, les gares, dans les passages. Je vais même dans les avenues. C’est tout dire !

Jacques Roubaud, Poésie, 2000.

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Erschüttre dich nur nicht verzagte Seele

5 Mars 2026, 00:48am

Publié par vertuchou

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Mon bras pressait ta taille frêle...

4 Mars 2026, 00:48am

Publié par vertuchou

Mon bras pressait ta taille frêle
Et souple comme le roseau ;
Ton sein palpitait comme l'aile
D'un jeune oiseau.

Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s'éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes ?
Amour ! Amour !

Comme un ange qui se dévoile,
Tu me regardais, dans ma nuit,
Avec ton beau regard d'étoile,
Qui m'éblouit.

Victor Hugo

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Et qu’est-ce qu’un beau poème

3 Mars 2026, 00:07am

Publié par vertuchou

Et qu’est-ce qu’un beau poème sinon une folie retouchée ?

Gaston Bachelard , La poétique de la rêverie.

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Chanson

2 Mars 2026, 00:21am

Publié par vertuchou

Le poids du monde
         c’est l’amour.
Sous le fardeau
         de la solitude,
sous le fardeau
         de l’insatisfaction.

             le poids,
le poids que nous portons         
c’est l’amour.

Qui peut le nier ?
         Dans les rêves
il touche
         le corps,
dans la pensée
         construit
un miracle,
         dans l’imagination
nous tourmente
         jusqu’à
ce
         qu’il soit né
dans l’humain—

il regarde par le cœur
         brûlant de pureté—
car le fardeau de la vie
         c’est l’amour,

mais nous portons le poids
         avec lassitude,
alors nous devons rester
        dans les bras de l’amour,
rester enfin dans les bras
         de l’amour.

Pas de repos
         sans l’amour,
pas de sommeil
         sans rêves
d’amour—
         sois fou ou décontracté
obsédé d’anges
         ou de machines,
le souhait final
         est l’amour
—ne peut être amère,
         ne peut nier,
ne peut se refréner
         si dénié :

le fardeau est trop lourd

         —doit donner
pour aucun retour
         comme la pensée
est donnée
         en solitude
dans toute sa splendeur
         de son excès.

Les corps chauds
         brillent ensemble
dans l’obscurité,
         la main bouge
au centre
         de la chair,
la peau tremble
         en bonheur
et l’âme vient
         à l’œil avec joie—

oui, oui,
         c’est ce que
je voulais,
         j’ai toujours voulu,
j’ai toujours voulu,
         revenir
au corps
         où je suis né.

Allen Ginsberg.

Traduction par Caspar Schjelbred

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Yellow Light

1 Mars 2026, 00:16am

Publié par vertuchou

Wayne Mondok, Yellow Light, acrylique sur toile, 51 x 41 cm.

Wayne Mondok, Yellow Light, acrylique sur toile, 51 x 41 cm.

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L’été est fini

28 Février 2026, 00:53am

Publié par vertuchou

Les matins sont plus doux
et plus les noix deviennent foncées
et les baies ont un visage plus rond.
La rose n’est plus en ville.

Maple porte une écharpe plus gay.
La campagne une jupe écarlate,
Et moi aussi, pour ne pas être démodée,
je porterai un bijou

Emily Dickinson

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La poésie guérit

27 Février 2026, 00:29am

Publié par vertuchou

La poésie guérit les blessures infligées par la raison.

Georg Philipp Friedrich Leopold von Hardenberg dit Novalis

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Je t'attends aux grilles des routes

26 Février 2026, 00:25am

Publié par vertuchou

Je t'attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom du fond des soutes
Des marécages sans oiseaux

Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas
J'attends la source de tes bras
De tes cheveux de ton haleine

J'attends la source de tes bras
De tes cheveux de ton haleine
Tu es terrible tu m'enchaînes
Tu me dévastes tu me fais

Je t'attends comme la forêt
Inextricable enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Mais que le matin fait chanter.

 Luc Bérimont 

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Shiprock

25 Février 2026, 00:12am

Publié par vertuchou

William Clift, Shiprock, New Mexico, 1998

William Clift, Shiprock, New Mexico, 1998

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