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Coups de cœur
La poésie est l'art de
La poésie est l'art de ne pas comprendre.
Elle ne s'adresse pas à la raison, et n'est pas faite de sentiments,
mais parle au vent et provoque des sensations.
Philippe Bartherotte
Saurais-tu contenir
Saurais-tu contenir
Tes pensées pour lui ?
Oublie donc
Les fleurs rouges du souvenir
Akiko Yosano
Le vent nous portera
Arrêtez les pendules
Arrêtez les pendules et coupez le téléphone,
Empêchez le chien d’aboyer et, cet os, qu’on lui donne.
Faites taire les pianos et, au son des tambours voilés,
Sortez le cercueil et laissez les pleureuses entrer.
Que les avions en peine tournoient par dessus,
Qu’ils tracent dans le ciel ce message : “Il n’est plus.”
Nouez du crêpe noir au cou blanc des pigeons,
Et donnez des gants noirs aux agents en faction.
Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine de travail et mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson ;
Je pensais que l’amour durait toujours : je n’avais pas raison.
Que les étoiles se retirent, qu’on les éteigne une à une,
Remballez le soleil et démontez la lune,
Allez vider l’océan et balayez la forêt,
Car rien de bon ne peut advenir désormais.
Wystan Hugh Auden
Je bénis, ma bien-aimée
Je bénis, ma bien-aimée, ton visage où j'essaie de lire ce que sera ma vie. Je t'ai rencontrée et j'ai tout de suite deviné que j'allais partir pour un grand voyage. Là où je vais je sais au moins que tu seras toujours. Je bénis ce visage, ma lumière. Il n'y aura plus jamais de nuit absolue pour moi. La solitude de la mort sera moins solitude. Anne, mon amour
15 novembre 1964
François Mitterrand, Lettre à Anne.
Raw with Love (extrait)
je me souviendrai des baisers
nos lèvres crues d'amour
et de comment tu m'as donné
tout ce que tu avais
et
comment je t'ai offert tout ce qu'il restait de
moi,
et je me souviendrai de ta petite chambre
de ta présence
de la lumière qui traversait la fenêtre
de tes disques
de tes livres
de nos cafés du matin
de nos midis de nos nuits
de nos corps enlacés
pendant que nous dormions [...]
de ta jambe de ma jambe
de ton bras de mon bras
de ton sourire et
de ta chaleur
qui m'a fait rire
à nouveau.
Charles Bukowski
Variation n°26
Papillon bleu
Bleu reflet qui s'irise,
Un papillon nacré
Emporté par la brise
Luit, brille, disparait.
Tel, d'une aile légère,
Le bonheur est venu
Puis a, fleur éphémère,
Lui, brillé, disparu.
Hermann Hesse
Je frémissais
Je frémissais, je ne savais pas pourquoi.
Je n’avais pas froid.
Non, c’était la poésie.
Je venais de découvrir une façon d’être heureuse.
Sylvia Plath, Ariel