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Fleurs et couronnes

5 Juillet 2025, 01:13am

Publié par vertuchou

Homme

Tu as regardé la plus triste la plus morne de toutes les

fleurs de la terre
Et comme aux autres fleurs tu lui as donné un nom
Tu l'as appelée
Pensée.
Pensée

C'était comme on dit bien observé
Bien pensé
Et ces sales fleurs qui ne vivent ni se ne se fanent

jamais
Tu les as appelées immortelles...
C'était bien fait pour elles...
Mais le lilas tu l'as appelé lilas
Lilas c'était tout à fait ça
Lilas...
Lilas...

Aux marguerites tu as donné un nom de femme
Ou bien aux femmes tu as donné un nom de fleur
C'est pareil.

L'essentiel c'était que ce soit joli
Que ça fasse plaisir...
Enfin tu as donné les noms simples à toutes les fleurs

simples
Et la plus grande la plus belle
Celle qui pousse toute droite sur le fumier de la misère



Celle qui se dresse à côté des vieux ressorts rouilles

A côté des vieux chiens mouillés

A côté des vieux matelas éventrés

A côté des baraques de planches où vivent les sous-

alimentés
Cette fleur tellement vivante
Toute jaune toute brillante
Celle que les savants appellent
Hélianthe
Toi tu l'as appelée soleil ...
Soleil...

Hélas ! hélas ! hélas et beaucoup de fois hélas !
Qui regarde le soleil hein?
Qui regarde le soleil ?
Personne ne regarde plus le soleil
Les hommes sont devenus ce qu'ils sont devenus
Des hommes intelligents...
Une fleur cancéreuse tubéreuse et méticuleuse à leur

boutonnière
Ils se promènent en regardant par terre
Et ils pensent au ciel

Ils pensent...
Ils pensent... ils n'arrêtent pas de penser...
Ils ne peuvent plus aimer les véritables fleurs vivantes
Ils aiment les fleurs fanées les fleurs séchées
Les immortelles et les pensées
Et ils marchent dans la boue des souvenirs dans la

boue des regrets...
Ils se traînent
A grand-peine

Dans les marécages du passé
Et ils traînent... ils traînent leurs chaînes
Et ils traînent les pieds au pas cadencé...
Us avancent à grand-peine
Enlisés dans leurs champs-élysées
Et ils chantent à tue-tête la chanson mortuaire
Oui ils chantent
A tue-tête



Mais tout ce qui est mort dans leur tête

Pour rien au monde ils ne voudraient l'enlever

Parce que

Dans leur tête

Pousse la fleur sacrée

La sale maigre petite fleur

La fleur malade

La fleur aigre

La fleur toujours fanée

La fleur personnelle...

...
La pensée...
 
Jacques Prévert

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Three Little Black Dresses

4 Juillet 2025, 00:33am

Publié par vertuchou

Norman Parkinson, Three Little Black Dresses, 1961

Norman Parkinson, Three Little Black Dresses, 1961

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Printemps

3 Juillet 2025, 00:10am

Publié par vertuchou

Quand loin de la chair molle et des amours brutales
Les pardons du sommeil tombent sur mes yeux las,
Je rêve un odorant bosquet de blancs lilas,
Abritant vos baisers, tendresses virginales !

J’aime comme une fleur, j’aime comme un oiseau,
J’aime si doucement que l’amour s’en étonne ;
Et les jeunes printemps viennent dans mon automne
Refléter leur beauté comme le ciel dans l’eau.

Des brises, des chansons, des parfums, des lumières !…
Mon âme vous salue, ô splendeurs printanières,
Suprême illusion de la félicité !

Ni passé ni futur : le présent nous convie !
Le mensonge divin chante la volupté
Et leurre en souriant l’Espérance ravie.

Ivan Gilkin

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Selon les règles du jeu

2 Juillet 2025, 00:53am

Publié par vertuchou

Selon les règles du jeu il s'allonge contre elle et presse la bouchecontre son front, ses paupières, ses joues, son cou, ses épaules.
Ses épaules son cou ses paupières.
Peau brûlante goût de sel résistance de la chair dès que les lèvres s'y appuient odeur Vermeille goût de soleil goût de raisins de serre il ne respire plus ses propres mains ses reins ses jambes sont glacés les battements de son cœur se développent de plus en plus fort de plus en plus rapprochés irradiant sa gorge comme si une course
une fuite blessée le soulevait du sol et le laissait retomber plus lourdement à chaque foulée il fuit bien qu'il ne bouge pas ne l'embrasse même plus reste simplement serré contre elle poursuivi par le goût de raisins de sa chair et le faible parfum d'amandes de ses cheveux

Jean-René Huguenin,  La côte sauvage.

 

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Ce doute

1 Juillet 2025, 01:02am

Publié par vertuchou

Ce doute
Sur le devenir des choses 
Je l’avais déjà hier

Akiko Yosano

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Conclusion en ré majeur pour hautbois

30 Juin 2025, 01:05am

Publié par vertuchou

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Large est la lumière jaune du soir

29 Juin 2025, 01:10am

Publié par vertuchou

Large est la lumière jaune du soir,
Tendre la fraîcheur d’avril.
Tu es en retard de dix années,
Mais je suis heureuse de te voir.
Assieds-toi, là, plus près de moi,
Regarde de tes yeux joyeux:
Voici le cahier bleu ciel
Rempli de mes vers d’enfant.
Pardonne-moi: j’ai vécu triste
Et sans faire fête au soleil.
Pardon! Ils sont bien trop nombreux
Ceux que d’abord j’ai pris pour toi.

Anna Akhmatova.

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En définitive

28 Juin 2025, 00:18am

Publié par vertuchou

En définitive, ce n’est pas la poésie qui doit être libre, c’est le poète.

Robert Desnos

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Ce quelque chose ou quelqu’un

27 Juin 2025, 01:00am

Publié par vertuchou

Ce quelque chose ou quelqu’un
Venu de loin
Qui nous effleure avec douceur
Dans la velléité de l’aube
Pour nous annoncer que toujours 
Le monde recommence.

François Cheng

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Visage

26 Juin 2025, 00:52am

Publié par vertuchou

Pablo Picasso, Visage, 1959, pastel gras, 32 x 24,5 cm.

Pablo Picasso, Visage, 1959, pastel gras, 32 x 24,5 cm.

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