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Les deux chauves

20 Mars 2026, 00:40am

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Publié par vertuchou

Un jour deux chauves dans un coin
Virent briller certain morceau d'ivoire :
Chacun d'eux veut l'avoir ! dispute et coups de poing.
Le vainqueur y perdit, comme vous pouvez croire,
Le peu de cheveux gris qui lui restaient encor.
Un peigne était le beau trésor
Qu'il eut pour prix de sa victoire.


Jean-Pierre Claris de Florian 

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Il faut que la poésie

19 Mars 2026, 00:03am

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Publié par vertuchou

Il faut que la poésie marche dans l’obscurité et retrouve le cœur de l’homme, les yeux de la femme,

les inconnus de la rue, ceux qui à une certaine heure crépusculaire ou en pleine nuit étoilée

ont besoin d’elle, même s’il s’agit d’un seul vers…

Pablo Neruda 

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Je voudrais à l'ombre

18 Mars 2026, 00:57am

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Publié par vertuchou

Je voudrais à l'ombre de ton
regard
m'arrêter et avec la
main dessiner
ta voix
qui penche vers
moi pour raconter.
Je voudrais au rythme
du vers m'abandonner mais
le temps presse
et je dois courir
encore. 

Goliarda Sapienza

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Etat dissociatif

17 Mars 2026, 00:10am

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Publié par vertuchou

Stéphane Meurisse, Etat dissociatif.

Stéphane Meurisse, Etat dissociatif.

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L'odeur de mon pays

16 Mars 2026, 00:56am

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Publié par vertuchou

L’odeur de mon pays était dans une pomme.
Je l’ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un herbage vert.
L’herbe haute sentait le soleil et la mer,
L’ombre des peupliers y allongeait des raies,
Et j’entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,

Se mêler au retour des vagues de midi.
Je venais de hocher le pommier arrondi,
Et je m’inquiétais d’avoir laissé ouverte,
Derrière moi, la porte au toit de chaume mou…

Combien de fois, ainsi, l’automne rousse et verte
Me vit-elle, au milieu du soleil et, debout,
Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie
De tes prés, copieuse et forte Normandie ?…
Ah ! je ne guérirai jamais de mon pays !
N’est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans leur fraîcheur, la paix et toute l’innocence ?

Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?…

Lucie Delarue-Mardrus 

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Qu’est-ce qui la rendait si belle ?

15 Mars 2026, 00:49am

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Publié par vertuchou

Qu’est-ce qui la rendait si belle ? Pour être jolies, les femmes n’ont pas besoin de grand-chose. Un corps svelte, un nez raisonnable, des lèvres franches, le cou dégagé. Les yeux, les cheveux ? Toutes les nuances de couleur conviennent. Avec ce peu, la nature n’a jamais manqué d’inspiration pour fabriquer beaucoup de personnes agréables.
La beauté, la vraie beauté, celle qui touche, celle qui serre la gorge, c’est une autre paire de manches. Les éléments de la joliesse ne lui suffisent pas. Elle vient d’autre part. Elle sourd de l’intérieur, elle inonde le visage, elle tient dans la lumière qu’elle lui communique.

 Armel Job, Une femme que j'aimais.

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Au premier plan

14 Mars 2026, 00:56am

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Publié par vertuchou

Au premier plan des bois mauves
soulignent l’ondulation des collines

au-delà au bord des parois dénudées
des névés glissent leurs langues bleues
dans l’interstice entre des roches jaunes

au ciel scintille un poudroiement d’or
mais l’ombre d’un nuage en dissipe l’éclat

puis comme né de la pure contemplation
un souffle de vent flatte l’échine des montagnes
et en modifie momentanément la couleur

Jean-Pierre Chambon

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To Love Somebody

13 Mars 2026, 00:46am

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Publié par vertuchou

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Premier sourire de printemps

12 Mars 2026, 00:51am

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Publié par vertuchou

Tandis qu’à leurs œuvres perverses
Les hommes courent haletants
Mars qui rit, parmi les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petite pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d’or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s’en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui, descend au jardin désert
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges
Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neige
Et les violettes au bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l’oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril tournant la tête,
Il dit : « Printemps, tu peux venir ! »

Théophile Gautier

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La logique de la poésie

11 Mars 2026, 00:02am

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Publié par vertuchou

La logique de la poésie n’a rien à souffrir du langage
Elle a tout à en espérer 
Elle est le chant de la pensée
Et la musique est à ses pieds.

Paul Éluard 

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