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Nous retournions le long des champ

26 Juin 2025, 00:07am

Publié par vertuchou

Nous retournions le long des champs inondés de lumière, enveloppés dans un chandail de laine fanée; et tout en nous arrêtant de temps à autre pour pouvoir nous embrasser à l'aise à l'ombre des acacias , nous marchions d'un pas léger, complétement plongés dans notre confiance virginale, divine.


Pier Paolo Pasolini, Actes impurs.

 

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Lorsque ma main frémit si la tienne l'effleure

25 Juin 2025, 01:09am

Publié par vertuchou

Lorsque ma main frémit si la tienne l'effleure,
Quand tu me vois pâlir, femme aux cheveux dorés,
Comme le premier jour, comme la première heure,
Rien qu'en touchant ta robe et ses plis adorés ;

Quand tu vois que les mots me manquent pour te dire
Tout ce dont tu remplis mon sein tumultueux ;
Lorsqu'en me regardant tu sens que ton sourire
M'enivre par degrés et fait briller mes yeux ;

Quand ma voix, sous le feu de ta douce prunelle,
Tremble en ma bouche émue impuissante à parler,
Comme un craintif oiseau tout à coup pris par l'aile
Qui frissonne éperdu sans pouvoir s'envoler ;

Ô bel être créé pour des sphères meilleures,
Dis, après tant de deuils, de désespoirs, d'ennuis,
Et tant d'amers chagrins et tant de tristes heures
Qui souvent font tes jours plus mornes que des nuits ;

Oh ! dis, ne sens-tu pas se lever dans ton âme
L'amour vrai, l'amour pur, adorable lueur,
L'amour, flambeau de l'homme, étoile de la femme,
Mystérieux soleil du monde intérieur !

Ne sens-tu pas, dis-moi, passer sur ta paupière
Le souffle du matin, des ténèbres vainqueur ?
Ne vient-il pas des voix tout bas te dire : espère !
N'entends-tu pas un chant dans l'ombre de ton cœur

Oh ! recueille ce chant, âme blessée et fière !
Cette aube qui se lève en toi, c'est le vrai jour.
Ne crains plus rien ! Dieu fit tes yeux pour la lumière,
Ton âme pour le ciel et ton cœur pour l'amour !

Regarde rayonner sur ton destin moins sombre
Ce soleil de l'amour qui pour jamais te luit,
Qui, même après la mort, brille sorti de l'ombre,
Qui n'a pas de couchant et n'aura pas de nuit !

Victor Hugo

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Cécilia me prend dans ses bras

23 Juin 2025, 01:00am

Publié par vertuchou

Cécilia me prend dans ses bras ; elle a les lèvres rouges et une odeur que je ne lui connais  pas ; et je nous vois dans le miroir de l’armoire où sa jupe se déploie jusqu’à le déborder : Cecilia me fait danser sur un rythme qu’elle entretient sur place, elle chantonne une mélodie qui s’en va dans l’aigu, et c’est le bonheur lorsqu’elle me passe sa main sur les joues, mais rien que pour sécher mes larmes, pour qu’elles n’abîment pas son fard : elle ne me caresse pas. […]
Sans rien posséder que mes envies, j’aurais tout donné pour une caresse. Les enfants ni les adultes ne jouissaient du toucher sous nos latitudes. Aussi de la petite enfance, ne reste-t-il que la main de ma grande sœur sur ma joue mouillée, tandis que dans un lent tournoiement d’ombres roses nous nous éloignons dans les miroirs jusqu’à disparaître sous la soie du sommeil qui m’enveloppe.

Hector Banciotti, Ce que la nuit raconte au jour.

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Credo

23 Juin 2025, 00:58am

Publié par vertuchou

Souviens-toi par-dessus tout, Petit, qu’écrire n’est pas 
Difficile, n’est pas douloureux, que ça jaillit de toi 
Avec aisance, que tu peux balancer une petite histoire à toute 
Vitesse, que lorsque tu le fais ouvertement, lorsque 
Tu veux imprimer une vérité, ce n’est pas difficile, 
Pas douloureux, mais facile, plein de grâce, saturé d’une douce 
Puissance, comme si tu étais un clavier doté d’un stock
 De littérature illimité, énorme, infini 
Et riche. Parce que c’est vrai ; parce que c’est ainsi. Ne l’oublie pas 
Dans tes moments les plus sombres. Fais chauffer ton truc, 
Touche juste, à l’américaine, tu te fous des critiques, tu te 
Fous des thèses universitaires mortelles des professeurs, ils ne 
Savent pas de quoi ils parlent, ils sont 
A côté de la plaque, ils sont froids ; tu es chaud, tu es 
Bouillant, tu peux écrire à longueur de journée, tu sais ce que 
Tu sais ; souviens-toi de ça, Petit, et quand 
Tu as l’impression de ne plus pouvoir écrire, que ça ne sert 
Plus à rien, que la vie ne vaut rien, relis ça et 
Comprends que tu peux faire beaucoup de bien dans ce 
Monde en révélant des vérités de ce genre, en répandant 
La chaleur, en essayant de prêcher la vie pour le bien de la vie, 
Pas à la façon chaude, à la façon 
De l’amour, à la façon qui dit : Mes frères, je vous accueille 
A bras ouverts, j’accepte vos faiblesses, je vous offre 
Les miennes, accordons-nous et jouons toute la gamme 
De la riche existence humaine. Souviens-toi Petit : l’aisance, la 
Grâce, le gloire, la grandeur de ton art, souviens-toi 
De ça, n’oublie jamais. Souviens-toi de la passion. N’oublie pas 
N’abandonne pas, ne néglige pas, C’est là, 
L’ordre et le dessein ; le chaos est là, mais pas en 
Toi, pas au plus profond de ton coeur, pas de chaos, 
Seulement l’aisance, la grâce, la beauté, l’amour, la grandeur… Petit 
Tu peux balancer une histoire, une petite vérité, tu peux 
Balayer le plancher avec une petite histoire à toute vitesse ; c’est 
Du gâteau, tu es un flot de douce puissance froufroutante, 
Tu es un écrivain, et tu peux révéler quelques trucs bien 
Méchants, et tu vas en révéler des tonnes, parce que 
C’est toi, et ne l’oublie pas, Petit, ne l’oublie pas ; 
S’il te plaît, s’il te plaît, ne l’oublie pas ; sauve-le, 
Sauve-le, préserve–toi, révèle toutes 
Ces sales petites histoires méchantes par douzaines, c’est facile, 
C’est la grâce, c’est à l’américaine, c’est la touche juste, 
Vends la vérité, car elle a besoin d’être vendue. Souviens-toi, Petit, 
De ce que je te dis cette nuit ; ne l’oublie jamais, lis-le 
Sans cesse dans tes moments les plus sombres et jamais, jamais 
N’oublie… jamais, jamais, jamais n’oublie… S’il te plaît, 
S’il te plaît, Petit, s’il te plaît…
_
Jack Kerouac, 1941 
Trad. Pierre Guglielmina.

 

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L'amour en solitaire

22 Juin 2025, 01:07am

Publié par vertuchou

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En Secret

21 Juin 2025, 01:07am

Publié par vertuchou

Ton baiser, sa douceur terrible, tout l'émoi
De ton corps qui fuit et qui cède
Si profondément me possède
Qu'en te quittant, je sens ta forme vivre en moi.

C'est elle qui se berce à mes étroites hanches,
Qui gonfle mon torse ambigu,
Qui luit à mon orteil aigu,
Arrondit mes genoux et creuse mes mains blanches.

Et j'aime porter à mon front rougissant
L'inquiétude et l'insolence
De me souvenir en silence
Sans qu'on puisse savoir que je t'ai dans le sang.

Lucie Delarue-Mardrus

 

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La poésie peut péricliter

20 Juin 2025, 00:17am

Publié par vertuchou

La poésie peut péricliter en tant que genre littéraire, elle n'en reste pas moins vivante au coeur de ceux des hommes qui conservent le sens de la prière. Je ne parle pas nécessairement de la prière chrétienne, mais de ces prières naturelles que sont l'attention, l'imagination, une tendre disposition du coeur, l'aptitude à s'émerveiller. Elle restera toujours nécessaire à ceux pour qui la vie est une raison suffisante de survivre. Une prometteuse aventure, une chance, un bonheur dont il faut témoigner. 

Jean-René Huguenin, Le Feu à sa vie

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Ce matin

19 Juin 2025, 00:57am

Publié par vertuchou

Ce matin je suis sorti bien tôt,
Pour m'être réveillé encore plus tôt
Sans avoir le moindre envie de faire quoi que ce soit...

Je ne savais quel chemin prendre
Mais le vent soufflait fort, il balayait dans un seul sens,
Et j'ai suivi le chemin vers où le vent me soufflait dans le dos.

Telle a toujours été ma vie, et
Telle je désire qu'elle soit toujours -
Je vais où le vent m'emporte et je ne me
Sens pas penser. 

Fernando Pessoa

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Dormite, begl'occhi

18 Juin 2025, 00:06am

Publié par vertuchou

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Dissolu

17 Juin 2025, 01:06am

Publié par vertuchou

Il me reste encore de nombreuses années à brûler, retenu
Comme la flamme d'une bougie sur ce corps ; mais j'illumine
Une obscurité en moi, une présence qui dort contenue
Dans ma flamme de vivre, son âme enveloppée dans la mienne.

Et à travers ces années, pendant que je brûle le carburant de la vie,
Qu'importe ce que je lèche dans ma flamme vivante,
Voyant que je garde dans le noyau du feu, inviolée,
Une nuit où elle rêve mes rêves pour moi, toujours les mêmes . 

David Hebert Lawrence

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