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Coups de cœur
Tu viens comme un orage serein
Tu viens comme un orage serein
éclair et calme dans la même peau
abri et coup de vent dans mes bras
ciel que nous avons inventé au toucher
d’où poussent les étoiles, les lunes
et les désirs qui ne dorment jamais.
Daniel Soares
Ses doigts à lui tracent des cercles
Ses doigts à lui tracent des cercles autour de son sein, à la manière d’un animal aux aguets. Elle voudrait qu’il bouge plus vite, qu’il touche son mamelon, sa pensée anticipe sur son geste, mais, peut-être que le sachant, il la provoque, se délecte, et tarde infiniment. Ses mamelons dressés, il joue un peu avec, elle a la chaire de poule et son sexe fond encore de désir. Maintenant il promène ses doigts sur son ventre, descend vers ses jambes, ses pieds, ses mains parcourent l’intérieur de ses cuisses, il perçoit sa chaleur sans s’en approcher, c’est une caresse douce, légère, d’une légèreté hallucinante.
Paulo Coelho, Onze minutes.
C'est décidé
C’est décidé
je vais de ce pas m’enrhumer
pour voir la neige
Sampû
Jimmy
Tu habites le monde
Tu habites le monde
Comme un oiseau gelé
Habite les banquises du ciel
Tu habites le monde
En courant sur un pied
bouche pleine de cerises-mots
Tu habites le monde comme tu peux
Ni la foudre ni le givre
Tu n'esquives
Tu habites le monde comme une effraction
doucement
Dérobeuse de sentiments
Tu habites le monde en survolant
les tombes
qui t'attendent en sourdine
Tu habites le monde
comme une idée en l'air
La bouffée d'oxygène d'un baiser
rempli d'averses
Tu habites le monde
en de si brèves secondes
Que la neige fondue
Le murmure des fontaines
Et l'immobilité des forêts
Sont tes plus belles certitudes
Jacques Dor
La vraie poésie
La vraie poésie, c’est de mener une belle vie. Vivre la poésie vaut mieux que l’écrire.
Matsuo Bashō
Vision complexe
Vision complexe —
La Clarté — aidant la Clarté —
Le Fini — doté
De l’Infini —
Convexe — et Concave Témoigne —
En arrière — vers le Temps —
Et en avant —
Vers le Dieu en Lui —
Emily Dickinson
Partita n° 3 en la mineur, BWV 827
Crois-tu que la terre s’habitue à tourner ?
Ils sont morts à plusieurs
C’est à dire chacun seul
Sur une même potence qu’on nomme territoire
Leurs yeux argiles ou cendres emportent la montagne
En otage de vie.
Alors la nuit
La nuit jusqu’au matin
Puis de nouveau la mort
Et leur souffle dernier dépose dans l’espace la fin du mot.
Quatre soleils montent la garde pour empêcher
Le temps d’inventer une histoire.
Ils sont morts à plusieurs
Sans se toucher
Sans fleur à l’oreille
Sans faire exprès
Une voix tombe : c’est le bruit du jour sur le pavé.
Crois-tu que la terre s’habitue à tourner ?
Pour plus de précision ils sont morts à plusieurs
Par besoin de mourir
Comme on ferme une porte lorsque le vent se lève
Ou que la mer vous rentre par la bouche.
Alors
Ils sont bien morts ensemble
C’est-à-dire chacun seul comme ils avaient vécu.
Nadia Tueni
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